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08/03/2016 13:27 EST | Actualisé 09/03/2017 00:12 EST

Énergie Est : « Tous les modes de transports peuvent être sécuritaires », dit le BST

Le mode de transports du pétrole et les risques de déversements ont été au cœur des discussions lors d'une deuxième séance de consultations du Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le controversé projet d'oléoduc Énergie Est, à Lévis.

Un texte de Laurence Niosi

Nettement moins mouvementée que la veille, la séance s'est ouverte avec un exposé du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), représenté la seule journée de mardi.

Le BST a affirmé que le pipeline n'était pas nécessairement plus sécuritaire que le train comme mode de transport de pétrole. « Tous les modes de transports peuvent être sécuritaires si les compagnies et les organismes de réglementation évaluent les risques adéquatement », a affirmé l'administrateur en chef des opérations du BST, Jean Laporte.

Selon lui, l'industrie du pipeline collabore cependant beaucoup plus que l'industrie ferroviaire lors d'incidents et prend des mesures correctives lorsqu'il le faut.

Plus d'un citoyen a demandé pourquoi l'oléoduc ne passait pas par l'Ouest au lieu de passer par le Québec. Selon TransCanada, il ne reste que 1600 km à excaver du tracé vers l'Est. « On parle de canalisations qui sont déjà en place, donc le tiers est en place », a souligné Louis Bergeron, vice-président de TransCanada et responsable du projet Énergie Est pour le Québec.

En cas de déversement, le promoteur a assuré être prêt, disposant d'un technicien par 60 km et d'une ligne d'urgence à Calgary. « Beaucoup d'intervenants sont formés au préalable », affirme M. Bergeron, qui dit avoir collaboré avec les municipalités.

Au cours de la séance de questions, TransCanada a été incapable de donner certaines précisions, notamment sur des données comparatives entre les modes de transport de pétrole. Le promoteur n'a pas non plus été en mesure de dire si les aquifères ont été répertoriés en prévision du projet d'oléoduc. TransCanada s'est plutôt référé à une étude récente de l'Institut Fraser qui vante la sécurité des oléoducs.

Le projet de TransCanada vise à transporter jusqu'à 1,1 million de barils de pétrole par jour - un flot « moyen », a précisé le promoteur mardi - qui irait de l'Ouest canadien jusqu'aux raffineries de l'Est.

Questionné sur le « pire scénario de déversement avant d'être détecté », Transcanada a avancé le chiffre de 22 800 barils.

Des perturbations qui font réagir

Les consultations du BAPE sur le projet d'oléoduc Énergie Est se sont ouvertes lundi soir à Lévis. La séance a été interrompue pendant quelques minutes en raison de la présence de manifestants dans la salle du complexe.

Ces perturbations ont fait réagir à Québec mardi. Le premier ministre Philippe Couillard s'est élevé contre des « manifestations qui bloquent le droit de parole des gens, qui sont agressives, d'un côté ou de l'autre ». 

Le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Bonnardel, a quant à lui qualifié les manifestants de « gens mal elevés ». 

Les audiences se poursuivent jusqu'au 17 mars prochain.