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08/03/2016 05:39 EST | Actualisé 09/03/2017 00:12 EST

Chypre rejette une proposition clé d'Ankara pour un accord avec l'UE sur la crise migratoire

Chypre a d'ores et déjà exprimé son opposition mardi à une accélération du processus d'adhésion à l'Union européenne de la Turquie, ce qui risque de compliquer les efforts de l'UE pour aboutir à un accord la semaine prochaine avec Ankara sur la crise migratoire.

L'UE et la Turquie ont trouvé un accord de principe lundi à l'occasion d'un sommet extraordinaire à Bruxelles, pour intensifier leur coopération afin de tarir pour de bon l'afflux de migrants sur les côtes grecques.

Ils se sont donnés dix jours, jusqu'à un autre sommet européen, les 17 et 18 mars, pour affiner les détails des propositions inattendues avancées lundi par Ankara, qui accepterait la réadmission sur son territoire de tous les migrants économiques arrivés clandestinement en Grèce à condition que les Européens s'engagent, pour chacun d'entre eux, à transférer un réfugié depuis la Turquie vers le territoire de l'UE.

En contrepartie, la Turquie exige trois milliards d'euros d'aide supplémentaire d'ici à 2018, un régime sans visas pour ses ressortissants voulant voyager dans l'UE dès fin juin et l'ouverture rapide de négociations sur cinq nouveaux chapitres d'adhésion.

Le gouvernement chypriote-grec, non reconnu par Ankara, qui interdit ses ports et aéroports aux navires et avions en provenance directe de la République de Chypre, a bloqué six chapitres clés de ces négociations depuis 2009, gelant de facto le processus d'adhésion de la Turquie à l'UE. Sur les 35 chapitres des négociations engagées en 2005, quatorze ont été ouverts et un seul a jusqu'ici pu être bouclé.

"Concernant la demande de la Turquie d'ouvrir les chapitres bloqués unilatéralement par la République de Chypre (...) le président maintient fermement sa position (...) sur le fait que l'ouverture de tout chapitre nécessite de la Turquie qu'elle remplisse ses obligations", a affirmé mardi le porte-parole du gouvernement Nicos Christodoulides.

L'île méditerranéenne est divisée depuis l'invasion en 1974 de sa partie nord par la Turquie, en réaction à un coup d'Etat nationaliste qui visait à rattacher l'île à la Grèce et qui avait suscité l'inquiétude de la minorité turcophone de l'île.

Les espoirs de parvenir à un accord de paix ont grandi depuis la reprise des négociations entre les dirigeants chypriotes grecs et turcs en mai 2015 sous l'égide de l'ONU.

Le gouvernement chypriote a reconnu que la crise migratoire affectait son proche allié grec, et remercié le Premier ministre Alexis Tsipras ainsi que d'autres dirigeants européens pour leur "compréhension et soutien" à sa position sur l'adhésion de la Turquie.

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