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08/03/2016 08:09 EST | Actualisé 09/03/2017 00:12 EST

Biden arrive en Israël après un nouvel à-coup dans les relations israélo-américaines

Le vice-président américain Joe Biden est arrivé mardi en Israël sur fond de relations délicates entre le gouvernement local et la Maison Blanche après que Benjamin Netanyahu eut décliné une rencontre avec Barack Obama mi-mars à Washington.

M. Biden, arrivé avec sa femme Jill des Emirats arabes unis et accueilli à l'aéroport de Tel-Aviv par le ministre de la Défense Moshe Yaalon, ne s'est pas exprimé sur la controverse qui accompagne, à nouveau, l'une de ses visites en Israël.

La Maison Blanche a rapporté lundi que le Premier ministre israélien avait décliné une offre d'entretien avec le président américain le 18 mars.

Elle s'est dite "surprise", dissimulant à peine son exaspération. C'est pourtant le gouvernement israélien qui avait demandé cette entrevue, a-t-elle souligné.

Pour ajouter à son irritation, elle a d'abord appris par la presse que M. Netanyahu renonçait au voyage, alors qu'elle s'était arrangée pour caler un rendez-vous peu avant le déplacement historique de M. Obama à Cuba les 21 et 22 mars et une possible participation de M. Netanyahu à la Conférence du groupe de pression pro-israélien AIPAC à Washington.

Le cabinet de M. Netanyahu a expliqué que le Premier ministre ne voulait pas paraître interférer dans les primaires pour la présidentielle américaine.

M. Netanyahu s'était montré moins soucieux d'ingérence quand, en mars 2015, il avait pris la parole devant le Congrès pour tenter de stopper un accord nucléaire entre les grandes puissances et l'Iran, notait-on côté américain.

- Le précédent de 2010 -

Les quotidiens Haaretz et Yedioth Ahronoth liaient quant à eux l'incident aux discussions en cours sur le renouvellement de l'aide militaire américaine à Israël. M. Obama aurait profité d'entretiens avec M. Netanyahu "pour essayer de le convaincre de signer un accord, pour ne pas rester comme un pingre quand il y va de la sécurité d'Israël. Netanyahu préfère, pour sa part, faire affaire avec le prochain président", écrivait le Yedioth.

Cet à-coup n'est qu'un de plus dans les relations américano-israéliennes depuis bientôt huit ans.

La venue de M. Biden en mars 2010 avait coïncidé avec l'annonce par Israël de la construction de 1.600 logements dans un quartier de colonisation à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupée et annexée par Israël.

Washington réprouve la poursuite de la colonisation comme un obstacle majeur à la paix avec les Palestiniens. M. Biden avait vivement réagi contre le timing et la teneur de l'annonce.

Depuis le pic de tensions de 2015 sur la question iranienne, Israël et les Etats-Unis se sont employés à affirmer la vigueur des liens stratégiques.

La visite de M. Biden doit toucher aux nombreux intérêts communs: situation en Syrie, voisin d'Israël, influence iranienne dans la région, menaces jihadistes etc.

Un autre sujet majeur menace cependant d'ébrécher la relation: le conflit israélo-palestinien.

- L'inconnue américaine -

Les perspectives de règlement semblent totalement bouchées alors qu'une nouvelle vague de violences israélo-palestiniennes en cours depuis cinq mois s'est poursuivie mardi avec au moins deux attaques palestiniennes contre les forces israéliennes. Deux policiers ont été gravement blessés, et les deux auteurs ont été abattus, selon la police israélienne.

La dernière initiative américaine a capoté en avril 2014.

Le vice-président américain rencontrera mercredi M. Netanyahu dans la matinée à Jérusalem et le président palestinien Mahmoud Abbas dans la soirée à Ramallah (Cisjordanie).

M. Biden "ne présentera aucune nouvelle initiative majeure", dit l'administration.

Pour Ahmed Majdalani, membre de la direction palestinienne, il ne faut s'attendre à "rien de cette visite" car M. Biden ne vient que pour parler de Syrie avec les Israéliens et "ne nous rencontre que pour la forme".

Cependant, les Israéliens s'inquiètent que Washington, frustré par l'absence de progrès en plus de sept ans, ne rompe dans les derniers mois de l'administration Obama le soutien historique apporté à Israël au sein des instances internationales comme le Conseil de sécurité de l'ONU.

Washington avait prévenu Israël en 2015 qu'il réévaluerait son attitude.

Le Wall Street Journal rapportait mardi que la Maison Blanche pourrait dans ses ultimes mois soutenir une résolution appelant Israéliens et Palestiniens au compromis. Le dernier coup de collier américain pourrait aussi se traduire par un discours de M. Obama énonçant les paramètres de résolution du conflit, ou par une déclaration du Quartette (Etats-Unis, ONU, Union européenne, Russie), dit le journal.

bur-lal/nbz