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07/03/2016 22:45 EST | Actualisé 08/03/2017 00:12 EST

Bangladesh : condamnation à mort confirmée pour un financier islamiste

La Cour suprême du Bangladesh a confirmé mardi la condamnation à mort du responsable financier du Jamaat-e-Islami pour crime de guerre, un revers important pour le principal parti islamiste du pays.

Mir Quasem Ali, magnat de l'immobilier et du transport maritime, avait été condamné en 2014 pour l'enlèvement et le meurtre d'un jeune combattant pendant la guerre d'indépendance de 1971 contre le Pakistan.

Trois responsable du Jamaat et le dirigeant du principal parti d'opposition, le Bangladesh Nationalist Party (BNP), ont été exécutés depuis décembre 2013 pour crimes de guerre, en dépit des critiques internationales sur la juridiction mise en place par le gouvernement pour juger ces faits.

Les procès organisés par ce tribunal ont divisé le pays et déclenché des violences meurtrières en 2013 au Bangladesh, les partisans du Jamaat et du BNP y voyant un moyen d'éliminer leurs leaders.

"Le tribunal a confirmé la peine de mort (d'Ali) pour l'enlèvement et le meurtre d'un jeune combattant de la liberté dont le corps a été jeté dans une rivière", a dit à l'AFP le procureur général Mahbubey Alam.

Le dirigeant islamiste risque d'être pendu d'ici à quelques mois sauf si la Cour suprême accepte de revoir son cas ou s'il est gracié par le président du pays.

Pour Abdur Rob, professeur de sciences politiques de la North South University de Dacca, c'est un cuisant revers pour le parti islamiste. "Il était le principal financier du parti", dit-il à l'AFP.

"Il a aussi dirigé les entreprises et organisations sociales du Jamaat et il avait un très bon carnet d'adresses dans le monde entier, en particulier au Moyen-Orient".

La sécurité a été renforcée à Dacca mardi mais aucun signe de violence n'était enregistré.

Ali avait participé à la relance du Jamaat en créant des structures caritatives et des entreprises en lien avec le parti, après qu'il eut retrouvé une existence légale à la fin des années 70.

Le Jamaat avait été interdit en raison de l'implication de ses principaux dirigeants dans la milice propakistanaise al-Badr pendant la guerre d'indépendance.

Au moment de son arrestation en 2012 pour crimes de guerre, Ali dirigeait le groupe Diganta Media Corporation, propriétaire d'un quotidien pro-Jamaat et d'une télévision fermée en 2013 pour avoir attisé les tensions religieuses.

Ses avocats ont estimé qu'il a été condamné sur la base d'accusation "fausses et sans fondement".

Le Tribunal international des crimes du Bangladesh (ICT) a condamné une dizaine de leaders islamistes pour crimes de guerre depuis sa création.

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