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07/03/2016 08:29 EST | Actualisé 08/03/2017 00:12 EST

"Vatileaks": reprise du procès sur la fuite de documents du Vatican

Le procès "Vatileaks" qui juge cinq accusés dont deux journalistes pour la fuite de documents confidentiels du Vatican va reprendre samedi à huis clos et lundi prochain en séance publique, a annoncé un porte-parole du Vatican.

Samedi, des experts se réuniront à huis clos avec les juges, mais en l'absence des accusés, pour étudier la recevabilité de nouveaux documents informatiques et autres qui seront examinés lors du procès.

Il reprendra ensuite lundi après-midi en séance publique pour l'audition de témoins. Il se poursuivra le lendemain, a indiqué le porte-parole adjoint du Saint-Siège, Greg Burke, à l'AFP.

Le prélat espagnol Lucio Angel Vallejo Balda, proche de l'Opus Dei, aux arrêts domiciliaires au Vatican, une consultante italienne en communications, Francesca Chaouqui, et un autre prévenu italien Nicola Maio, ont eu accès à de nombreux documents lorsqu'ils étaient membres en 2013/2014 d'une commission chargée par le pape François de faire des propositions de réformes sur les finances et l'économie du Vatican.

Ils comparaissent depuis fin novembre de même que deux journalistes italiens, Gianluigi Nuzzi et Emiliano Fittipaldi, qui ont utilisé ces documents dans deux livres, "Chemin de croix" et "Avarizia" (avarice), sur la persistance de dysfonctionnements et malversations financières malgré la volonté de réforme affichée par le pontife argentin.

Tous les accusés risquent entre quatre et huit ans de prison en vertu d'une réforme du droit pénal du petit Etat approuvée par François en 2014.

Le procès avait été interrompu fin novembre, pour permettre aux juges de collecter et d'étudier différents fichiers informatiques de plusieurs accusés, nécessaires pour éclaircir leur rôle.

En novembre, l'avocat de Mme Chaouqui avait obtenu que soit entendu comme témoin en sa faveur le numéro deux du Saint-Siège, le cardinal secrétaire d'Etat Pietro Parolin.

Ce nouveau scandale des fuites de documents confidentiels au Vatican est le second après celui survenu en 2012 dans l'entourage de Benoît XVI, surnommé déjà "Vatileaks". Il touche indirectement le pape François, engagé dans une réforme difficile de la Curie et qui a souligné sa volonté de continuer la lutte contre la corruption.

Ces derniers jours, des informations de presse avaient fait état de la volonté du pape de clore avant Pâques ce procès sans verdict, comme le permet le droit du Vatican. Il est embarrassant pour le pape, parce que ceux qui sont accusés prétendent défendre sa politique d'ouverture et de modernisation, et aussi parce que deux journalistes italiens y sont jugés, au mépris de la liberté de la presse garantie en Italie.

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