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07/03/2016 05:47 EST | Actualisé 08/03/2016 09:48 EST

UQAM : Un 5 à 7 féministe «non mixte» sème la controverse

PC

À la veille de la Journée internationale des femmes, un 5 à 7 féministe «interdit aux hommes» sème la controverse à l’UQAM.

Le Comité féministe en éducation, créé par des étudiantes en Science de l’Éducation, organise l’événement qui aura lieu ce lundi au bar Le Département de l’UQAM. Seuls les «hommes cis» en sont exclus, c’est-à-dire ceux qui se perçoivent hommes et sont nés avec l’attribut masculin.

Les hommes trans, eux, sont les bienvenus, précisent les organisatrices.

«Il s’agit d’une soirée de réseautage pour créer un espace de discussions féministes et pour permettre aux femmes et aux différents groupes féministes de l’UQAM de se rencontrer, dans le but de mieux se connaître, de s’unir, de prévoir des actions futures, ou pour créer une dynamique féministe au sein de l’UQAM», peut-on lire dans la description de l’événement.

Dans les échanges, une des organisatrices affirme que les hommes qui se présenteraient se verraient «demandé de sortir de l'espace que nous avons réservé pour la rencontre».

L’événement s’est attiré les critiques d’internautes. «Les tavernes réservées aux hommes sont choses du passé! Cet événement est une régression pour notre civilisation !», écrit une femme.

Une autre, en faveur de l’événement, écrit : «Ça me fait rire à quel point ceux qui se prétendent "nos meilleurs alliés" sont les pires déchets lorsqu'on veut juste s'organiser entre femmes (trans friendly évidemment).»

Discrimination?

Stéphanie Thibodeau, membre du Comité féministe en éducation, affirme que l’événement vise à permettre aux femmes de s’exprimer librement. «La non-mixité est vraiment "pour" les femmes, et non pas "contre" les hommes, précise-t-elle. C’est quelque chose qu’on veut mettre de l’avant pour sortir de la perspective mâlo-centriste pour créer un espace où les femmes sont confortables, sont à l’aise de partager entre elles.»

«L’effet de la domination masculine qui nous entoure peut mettre mal à l’aise ou empêcher de parler certaines femmes, ajoute-t-elle. On le voit beaucoup dans la sphère politique, entre autres, où, quand on enlève les hommes, les femmes se mettent à plus parler.»

Le groupe se défend de faire de la discrimination envers les hommes. «Il y a très peu d’espaces réservés aux femmes», affirme Stéphanie Thibodeau, alors que la présence des hommes est prédominante dans plusieurs environnements, estime-t-elle.

Par ailleurs, Stéphanie Thibodeau affirme qu’elle ne se formaliserait pas d’un événement pour «hommes seulement» à l’UQAM. «Si c’était vraiment la même chose dans le but de laisser un espace où les hommes sont à l’aise, où les hommes sont confortables, où ils peuvent parler de leur situation, de leurs problèmes, je pense que ça pourrait être acceptable», dit-elle.

Du côté de l’UQAM, on déplore l’approche non-mixte de l’événement. «On ne souscrit pas à l’exclusion d’une partie de notre communauté. On est une université qui est mixte, donc une activité comme celle-là exclut une partie de notre communauté», dit la directrice des relations de presse de l’UQAM, Jenny Desrochers.

Elle rappelle toutefois que le comité est un sous-groupe d’une association facultaire, l’ADEESE. «Les associations facultaires sont des entités autonomes au sens de la loi, explique Jenny Desrochers. L’UQAM ne fait pas d’ingérence dans les activités des associations étudiantes.»

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