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07/03/2016 11:57 EST | Actualisé 08/03/2017 00:12 EST

Suicide assisté: l'identité des médecins impliqués demeurerait secrète

TORONTO — L'identité des médecins qui pourraient aider un homme en phase terminale à mettre fin à ses jours sera gardée secrète, a tranché lundi une cour ontarienne.

Le juge de la Cour supérieure Thomas McEwan a statué que l'ordonnance de confidentialité était nécessaire pour éviter toute publicité et toute attention médiatique envers le patient en question, sa famille et les médecins impliqués.

L'homme âgé de 80 ans, qui est surnommé «A.B.», sera le premier patient en Ontario à réclamer une exemption constitutionnelle pour bénéficier de l'aide médicale à mourir plus tard ce mois-ci.

«A.B.» et sa famille n'ont pas demandé à ce que l'audience elle-même demeure secrète. Ils requièrent cependant l'anonymat pour eux et leurs médecins.

Le juge McEwan a écrit dans son jugement que dans des cas semblables, de telles protections étaient justifiées. La proposition du patient constitue un «compromis raisonnable», a-t-il ajouté.

Lors d'une audience la semaine dernière, un groupe de médias a accepté de ne pas nommer l'homme, ni les membres de sa famille, mais il s'opposait à cacher le nom des médecins.

Le juge McEwan a toutefois affirmé que la suggestion du patient permettait d'assurer un équilibre entre le principe de l'audience publique et le droit à la vie privée et à la dignité pour lui et sa famille.

Il y a également de bonnes raisons de dissimuler le nom des médecins, selon le magistrat.

«Les médecins veulent conserver leur anonymat pour des raisons personnelles et professionnelles. Leur souhait et leurs inquiétudes sont très raisonnables, à mon sens, en raison de la publicité et de la controverse entourant l'aide médicale à mourir», a-t-il soutenu.

La publicité négative d'un tel cas risque de dissuader certains médecins à aider leurs collègues, selon le juge.

Il ne s'est pas dit inquiet de la possibilité que les professionnels de la santé ne reproduisent sans discernement cette pratique puisque les tribunaux doivent encore approuver de telles démarches, a-t-il souligné.

Selon les documents de cour, le patient a reçu un diagnostic de lymphome avancé et agressif en 2012. Cette condition terminale lui fait subir une «douleur intolérable» et une «détresse» qui ne peuvent être soulagées.

Il a plaidé qu'il ne pourrait «mourir avec dignité» que si son cas restait anonyme. Sa famille et lui s'inquiétaient également du fait qu'ils pourraient se faire harceler par des gens opposés à l'aide médicale à mourir.