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07/03/2016 13:27 EST | Actualisé 08/03/2017 00:12 EST

Migrants: plusieurs dirigeants européens réservés sur la proposition d'Ankara

Plusieurs dirigeants européens ont émis des réserves de taille lundi sur les propositions de la Turquie pour intensifier sa coopération avec l'UE sur la crise migratoire en acceptant des retours massifs, y compris de réfugiés syriens.

La Turquie a créé la surprise lundi lors d'un sommet européen extraordinaire à Bruxelles en mettant sur la table de "nouvelles propositions", accompagnées de nouvelles exigences, notamment une aide supplémentaire de 3 milliards d'euros, devant les dirigeants des pays de l'Union européenne.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a ainsi "opposé un véto" à la proposition phare d'Ankara: le renvoi des réfugiés syriens arrivés dans l'UE depuis la Turquie, à condition de reprendre, par des voies légales et sûres, autant de réfugiés syriens directement depuis le sol turc, selon son porte-parole.

"Cela pose énormément de questions: juridiques, mais aussi de logique. Pourquoi renvoyer des Syriens en Turquie pour les reprendre ensuite?", a commenté une source diplomatique européenne, sous couvert de l'anonymat.

"Beaucoup de délégations s'interrogent là-dessus et ne sont pas prêtes à soutenir une proposition aussi floue", a expliqué uen source.

Lors d'une réunion à 28 pour discuter des propositions d'Ankara, après une rencontre avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a prévenu qu'il n'accepterait de signer un nouvel accord qu'à condition que le respect de la liberté de la presse soit spécifiquement mentionné, selon une autre source diplomatique.

Ces tractations interviennent sur fond d'inquiétudes des Européens sur la liberté d'expression en Turquie, quelques jours après la mise sous tutelle par le gouvernement turc du journal d'opposition Zaman.

Chypre, qui bloque des années le processus d'adhésion de la Turquie à l'UE, semble également faire partie des pays à convaincre.

Les Européens, divisés sur la réponse à apporter à la pire crise migratoire sur le continent depuis 1945, ont besoin de la coopération de la Turquie pour arriver à endiguer les flux de migrants.

La "nouvelle proposition" tablée par M. Davutoglu bénéficie du soutien de la chancelière Angela Merkel, durement critiquée en Allemagne pour sa gestion de la crise des migrants.

Des informations contradictoires circulaient lundi soir sur les chances d'aboutir à un accord. "Une percée durant la nuit est possible", a déclaré sur Twitter le directeur de cabinet du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Mais le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen a pronostiqué qu'il n'y aurait "probablement rien aujourd'hui".

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