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07/03/2016 12:55 EST | Actualisé 08/03/2017 00:12 EST

Les juifs de France "citoyens de 2e zone" (responsable communautaire)

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Roger Cukierman, a assuré lundi à Paris que les Français juifs avaient "le sentiment angoissant d'être devenus des citoyens de deuxième zone".

En raison des attaques ou menaces jihadistes et des actes antisémites, "nous vivons une vie retranchée", a-t-il déclaré lors du dîner annuel du Crif.

"Nous avons le sentiment angoissant d'être devenus des citoyens de deuxième zone. Cet ostracisme isole et traumatise", a assuré le responsable de la vitrine politique de la première minorité juive d'Europe, forte d'un demi-million de membres.

"Dans le pays qui a accordé la pleine citoyenneté aux Juifs dès 1791, quand pourrons-nous, à nouveau, vivre sans crainte notre judéité ?", a martelé Roger Cukierman.

Après avoir affirmé plus tôt dans la journée que dans de "très nombreuses écoles", les enfants juifs sont "battus, insultés parce que juifs", Roger Cukierman a lancé lors du dîner: "Quand verrons-nous des propositions révolutionnaires pour que l'école publique redevienne l'école de tous les Français ?"

Dénonçant "des messages haineux en hausse exponentielle" sur internet, le dirigeant juif a jugé que des "règles nouvelles" devaient être "imposées à Facebook, Twitter et Google pour freiner cette évolution".

"L'état d'urgence doit aussi s'appliquer sur internet", a lancé Roger Cukierman au Premier ministre français Manuel Valls, en soulignant que Pharos, la plateforme gouvernementale de lutte contre la cybercriminalité, "devrait disposer de plusieurs centaines d'employés au lieu de quelques dizaines, seulement, aujourd'hui".

M. Valls, qui remplaçait le président de la République François Hollande, retenu à Bruxelles par un sommet extraordinaire UE-Turquie sur la crise des migrants, a fustigé de son côté "l'antisionisme, c'est-à-dire tout simplement le synonyme de l'antisémitisme et de la haine d'Israël".

Le Premier ministre, selon qui "les Français juifs ne doivent pas douter de la France", a notamment annoncé, en réponse à un souhait du président du Crif, que la "disposition visant à sortir les délits antisémites et racistes du droit de la presse pour les faire rentrer dans le droit commun" figurerait dans un projet de loi "soumis au Parlement au printemps".

Le 31e dîner du Crif a réuni "plus de 850 personnes" dans un hôtel parisien, avec un impressionnant parterre de personnalités politiques, diplomatiques ou religieuses. Parmi les convives figuraient au moins une demi-douzaine de membres du gouvernement, et la plupart des prétendants de la droite à l'investiture pour la présidentielle de 2017.

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