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07/03/2016 08:03 EST | Actualisé 08/03/2017 00:12 EST

La Grèce prévoit 17.400 nouvelles places pour les réfugiés

La Grèce prévoit 17.400 nouvelles places pour les réfugiés d'ici à la fin de la semaine, notamment pour réduire les tensions à Idomeni, a annoncé l'organe interministériel chargé de la crise migratoire.

Cette nouvelle offre d'hébergement a été annoncée au moment où le gouvernement grec tente de convaincre la masse des réfugiés bloqués à Idomeni, à la frontière gréco-macédonienne, de quitter les lieux dans l'attente d'être fixés sur leur sort.

Plus de 13.000 personnes s'y trouvaient toujours lundi, séjournant dans des conditions misérables. Dans l'après-midi, un groupe de 150 Syriens a manifesté aux cris de "Merkel !", et en brandissant un drapeau allemand, pour réclamer de pouvoir poursuivre leur route et en menaçant d'une grève de la faim.

Des employés du Bureau européen d'appui à l'asile, Easo, ont commencé à distribuer sur place des prospectus en arabe, invitant les réfugiés à gagner les centres d'accueil répartis en Grèce et expliquant les procédures à suivre pour intégrer le programme européen de relocalisation, a constaté l'AFP.

Oralement, ces agents disaient aux intéressés qu'ils auraient à attendre de deux à trois mois pour bénéficier de cette répartition, tout en leur précisant qu'il ne leur revenait pas de choisir leur pays d'accueil.

Trois enfants réfugiés âgés d'une dizaine d'années ont par ailleurs été blessés par électrocution à Idomeni pendant qu'ils jouaient sur des wagons à l'arrêt. Le plus grièvement touché, un Syrien de 12 ans brûlé au ventre et aux jambes, a été transféré dans un hôpital de la région.

Les 17.400 nouvelles places prévues, réparties sur neuf sites en Grèce, seront créées notamment dans des casernes de l'armée réaménagées et vont s'ajouter aux 28.450 places actuellement disponibles dans les cinq hotspots (centres d'enregistrement) situés sur les principales îles d'arrivée (7.450 au total) et sur le continent (21.000), selon une liste actualisée fournie par les autorités.

Les camps disponibles sont déjà submergés, plus de 36.000 réfugiés y étant hébergés.

Principale porte d'entrée des migrants et des réfugiés en Europe via ses îles en provenance de la Turquie, la Grèce s'est initialement engagée auprès de ses partenaires européens à offrir 30.000 places. De son côté, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations Unies prévoit de trouver 20.000 places dans des hôtels et des appartements de ce pays.

Toutefois, vu la quasi-fermeture des frontières des Etats des Balkans, principale voie empruntée par les migrants vers les pays du nord de l'Europe, la Grèce craint que plus de 100.000 migrants ne finissent par être bloqués sur son territoire.

Dans le cadre de l'aide humanitaire de 700 millions d'euros sur trois ans que l'UE a décidé la semaine dernière d'allouer aux pays les plus frappés par la crise migratoire, Athènes a demandé 480 millions pour construire de nouveaux centres d'accueil.

Mais les autorités grecques s'inquiètent du retard pris dans le transfert de l'argent européen : "Le rythme d'envoi est très lent et les besoins sont accrus, donc on dépense sur le budget de l'État", a dit à l'AFP une source gouvernementale avant un sommet à Bruxelles sur la question des migrants.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a appelé à plusieurs reprises à "une répartition proportionnelle" du fardeau migratoire entre les pays membres de l'UE et menacé de bloquer une éventuelle décision européenne sur la fermeture de la route des Balkans.

Le ministre grec de l'Intérieur, Panayotis Kouroublis, a exprimé son inquiétude lundi dans un entretien avec la radio RealFm : "Ce serait une décision qui donnerait raison aux forces chauvines et nationalistes en Europe (....) la Grèce ne peut en rien donner son accord" à une telle décision, a-t-il lancé.

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