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07/03/2016 03:59 EST | Actualisé 08/03/2017 00:12 EST

L'Europe déchirée sur la façon de résoudre la crise migratoire

Les 28 chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se réunissent aujourd'hui en sommet extraordinaire à Bruxelles pour tenter de trouver des façons de mieux contenir le flux migratoire en provenance de la Turquie. Parmi les solutions envisagées, il y a la fermeture de la route des Balkans, initiative à laquelle s'opposerait la chancelière allemande, Angela Merkel.

Alors que la majorité des dirigeants européens sont de plus en plus pressés par leur électorat de trouver des façons de stopper la progression des migrants sur leur territoire, l'Allemagne s'oppose à des mesures nationales pour limiter le flot migratoire.

Selon une première ébauche de la déclaration finale du sommet, les pays européens évaluent la possibilité de fermer la route des Balkans, empruntée quotidiennement par des centaines de personnes.

Le porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur, Tobias Plate, a laissé entendre lors d'un point de presse qu'il était difficile de décréter la fermeture de cette route dans la mesure où des réfugiés continuent à l'emprunter actuellement pour venir notamment en Allemagne.

« J'ai pris connaissance de ces informations, qu'on spécule sur une fermeture de la route des Balkans. Mais je veux dire qu'à l'heure actuelle il s'agit de spéculations, les négociations, les discussions sont en cours et il faut attendre », a-t-il déclaré.

L'État allemand plaide plutôt pour une meilleure répartition des réfugiés et une lutte accrue contre les passeurs, sans toutefois complètement renier la nécessité de mieux protéger les frontières.

La chancelière allemande est de plus en plus critiquée dans son pays pour sa politique d'accueil des réfugiés, alors que 1,1 million de demandeurs d'asile ont été enregistrés en 2015.

La Turquie prend part aux négociations

Est également présente à ce sommet la Turquie, à l'invitation de l'Union européenne. Les dirigeants européens espèrent que les autorités turques collaboreront aux efforts de contention du flux migratoire en échange d'un soutien financier.

Chaque jour, ce sont plusieurs centaines de migrants qui arrivent par la mer Égée puis traversent le territoire turc dans l'espoir de se rendre en Europe du Nord.

Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a également rappelé qu'il était impératif que la Turquie consacre des efforts à la filtration des migrants qui passent par son territoire et qu'elle s'engage à renvoyer les personnes non syriennes vers leur pays d'origine : « Il est très important que la Turquie soit d'abord prête à reprendre tous les réfugiés non syriens », a-t-il soutenu.

Cette position inquiète toutefois les organisations non gouvernementales et l'ONU, qui craignent que les pays européens fassent fi du cadre légal qui régit les conventions internationales.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s'est néanmoins déjà montré ouvert à collaborer avec ses homologues européens ,comme l'a expliqué un porte-parole du gouvernement : « Tout le monde sait à quoi ressemble la mer Égée et sait qu'il n'est pas possible à un pays d'empêcher complètement les migrants de passer. Mais cela ne signifie pas que nous ne ferons pas tout notre possible. »