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07/03/2016 10:53 EST | Actualisé 08/03/2017 00:12 EST

Justin Trudeau refuse de se lancer dans une dispute avec Donald Trump

TORONTO — Les Américains devraient discuter du financement des campagnes électorales une fois que la «poussière sera retombée» après l'élection présidentielle de novembre, a déclaré le premier ministre Justin Trudeau, lundi.

Les candidats à la présidence des États-Unis recueillent des milliards de dollars et courtisent les groupes d'intérêt, des pratiques qui ne sont pas autorisées au Canada, a indiqué M. Trudeau.

En réponse à des questions sur Donald Trump durant une séance ouverte de discussion avec le Huffington Post, le premier ministre a affirmé que beaucoup d'Américains étaient en colère contre ce qui se passait sur la scène politique de leur pays et semblaient vouloir exprimer leur mécontentement.

Justin Trudeau a repoussé les tentatives répétées pour l'amener à dénoncer le controversé candidat à l'investiture républicaine, disant avoir confiance en les Américains et leur approche par rapport à la politique.

Interrogé sur les différences entre les systèmes politiques canadien et américain, il a répondu que l'une des choses que le Canada avait fait au cours de la dernière décennie avait été de revoir le rôle joué par l'argent dans le milieu, notamment en limitant les contributions des particuliers et en supprimant celles des entreprises et syndicats.

Selon M. Trudeau, cela a complètement changé la donne sur le plan de la structure du système, des obligations des candidats relativement aux activités de financement et du pouvoir détenu par les groupes d'intérêt ainsi que les lobbyistes.

«Lorsque la poussière sera retombée après novembre, peu importe comment elle retombera, une discussion sur le rôle du financement des campagnes électorales dans la mise en place d'une démocratie qui fonctionne bien sera, je crois, nécessaire.»

Les participants ont notamment rappelé au premier ministre les propos douteux tenus par M. Trump au sujet des musulmans et des Mexicains. Mais le leader libéral a, en grande partie, refusé de se lancer dans la mêlée, se contentant de dire qu'il travaillerait avec la personne qui serait élue à la Maison-Blanche cet automne, et ce, peu importe qui elle est.

«Pour le moment, je ne me disputerai pas avec Donald Trump. Mais je ne le soutiendrai pas non plus, évidemment.»

M. Trudeau, qui sera à la Maison-Blanche jeudi pour un banquet donné par le président américain Barack Obama, a précisé qu'il surveillerait la course présidentielle de très, très près.

Il a déclaré avoir hâte de voir comment le pays gérera une série de problèmes très concrets découlant de la frustration de la population envers les politiciens, des problèmes qui ont été observés sous diverses formes partout dans le monde.