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07/03/2016 00:32 EST | Actualisé 08/03/2017 00:12 EST

France: les 2 fugueuses, en partance présumée pour la Syrie, récupérées saines et sauves

Après le retour dimanche dans sa famille d'une adolescente française qui avait fugué la semaine dernière avec une amie pour partir en Syrie, cette dernière est revenue dans la nuit chez ses parents, selon la justice française.

Israé, 15 ans, lycéenne "radicalisée" de Haute-Savoie (est de la France), soupçonnée de vouloir rejoindre les rangs du groupe État islamique, est rentrée dans sa famille quelques heures après son amie Louisa, 16 ans.

louisa avait décidé de revenir chez elle après avoir entendu un appel éploré de sa mère à la télévision la suppliant de rentrer.

La disparition des deux adolescentes avait été signalée vendredi soir à la gendarmerie. La justice les soupçonnait "d'être parties ou de vouloir partir en Syrie".

Samedi, la gendarmerie avait lancé un appel à témoins pour les retrouver. Selon les gendarmes, ces deux pensionnaires d'un lycée professionnel étaient "susceptibles de quitter le territoire national par tous les moyens, et d'utiliser de fausses identités".

Selon Nadia, la mère d'Israé, les jeunes filles se sont fait "embobiner". Elle a raconté au journal Le Parisien avoir deux ans plus tôt déjà rattrapé sa fille "in extremis" à la gare, "alors qu'elle voulait partir en Syrie" pour "aider les enfants et servir une bonne cause".

Nadia avait alors appelé un numéro vert (Stop Jihadisme) mis en place en France et Israé avait suivi une procédure de "déradicalisation" avec le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI), avec interdiction de sortie du territoire.

Selon Dounia Bouzar du CPDSI, Israé venait de sortir d'un hôpital psychiatrique pour une "dépression de l'adolescence". Elle est "fragile", "veut mourir" et il lui faut un lieu "cocoonant": pour l'anthropologue, "le réseau l'a récupérée".

Louisa, en revanche, n'avait pas été signalée et n'aurait fait que suivre son amie.

Fragiles psychologiquement, hyperconnectés, les adolescents sont la cible idéale de "rabatteurs francophones qui individualisent l'offre pour toucher des jeunes différents", explique Dounia Bouzar. Aux filles, ils font miroiter "un mariage avec un héros qui se sacrifie pour sauver les enfants gazés par Bachar al-Assad". "Ca marche très fort pour des filles hypersensibles", "trahies par des copines" et en quête de "vraies amitiés", analyse-t-elle.

Sur les quelque mille jeunes actuellement suivis par le CPDSI, 70% ont moins de 20 ans et le plus âgé n'en a que 22. Chez les filles, les tentatives de départ peuvent commencer dès 12 ans, 15 ans pour les garçons.

Selon une source officielle, un millier de Français se sont rendus en Syrie ou en Irak, dont près d'un tiers de femmes. Près de 600 s'y trouvent toujours et "161 au moins" y sont morts.

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