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07/03/2016 08:12 EST | Actualisé 08/03/2017 00:12 EST

Dette grecque : vers une reprise de l'audit des réformes par les créanciers

Les ministres des Finances de la zone euro, réunis lundi à Bruxelles, se penchaient à nouveau sur les réformes réalisées par la Grèce en contrepartie du troisième plan d'aide et devaient décider d'un retour imminent des représentants des créanciers à Athènes.

Ce retour, plus d'un mois après une première visite, est très attendu par le gouvernement grec, qui a déploré ces derniers jours le retard pris dans l'examen de l'état d'avancement de ses réformes, mis sur le compte de désaccords entre institutions.

Or, d'après Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, "c'est la décision politique qui, de mon point de vue, doit être prise" pendant la réunion de l'Eurogroupe qui se déroulait lundi à Bruxelles parallèlement à un sommet crucial entre l'UE et la Turquie sur la crise migratoire.

"Je pense que nous allons parvenir à une décision unanime sur le renvoi à Athènes des chefs de mission" (des institutions créancières, UE, BCE, FMI et Mécanisme européen de stabilité), a ajouté l'ancien ministre français de l'Economie.

"Je pars du principe, que la troïka va retourner cette semaine à Athènes et poursuivre son travail", a déclaré pour sa part le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

Il a également demandé ne pas mélanger la crise des réfugiés et celle de la dette. "Cela ne va pas s'améliorer si l'on mélange tout".

"On a été très généreux et on reste généreux", a-t-il dit. Tout en reconnaissant que la Grèce avait besoin de "chaque soutien" possible dans la crise des réfugiés, il a rejeté l'idée de se montrer plus conciliant sur le programme de réformes.

Car ce dernier "a pour objectif d'aider la Grèce à retrouver la voie d'une croissance durable", a-t-il argumenté.

De son côté Jeroen Dijsselbloem, ministre néerlandais des Finances, qui préside l'Eurogroupe, a souligné que les créanciers s'attendaient encore à des efforts du côté grec, et que l'accord de juillet 2015 -sur le plan d'aide de 86 milliards d'euros et ses contreparties- devait rester la référence dans les discussions.

"Que cela soit bien clair, il nous faut une réforme des retraites crédible et durable et le budget doit être sur les rails également pour le moyen terme", a-t-il dit. "Ce n'est pas quelque chose qui préoccupe seulement le FMI, mais toutes les institutions et l'Eurogroupe", a poursuivi le dirigeant néerlandais.

Dimanche, le Premier ministre grec Alexis Tsipras avait accusé le Fonds monétaire international (FMI) de recourir à des "manoeuvres dilatoires" et à des évaluations "arbitraires" pour retarder son feu vert aux réformes, alors qu'il y a selon lui, "pour la première fois, des convergences importantes" entre Athènes et les institutions européennes.

Il a estimé que la Grèce et l'UE étaient désormais sur la même longueur d'onde en ce qui concerne le rythme des réformes, la situation du budget en 2016 et les besoins de financement budgétaires jusqu'en 2018.

Le FMI, qui a participé aux deux précédents plans de sauvetage de la Grèce, a fait savoir qu'il ne se joindrait pas au troisième sans des réformes crédibles et un accord avec l'UE pour alléger le fardeau de la dette grecque.

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