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07/03/2016 05:13 EST | Actualisé 08/03/2017 00:12 EST

Des ambitions canadiennes renouvelées pour les Jeux paralympiques de Rio

Dans six mois jour pour jour s'ouvriront les Jeux paralympiques de Rio. Le Canada y enverra près de 200 athlètes. Ils seront menés par une chef de mission bien connue, Chantal Petitclerc, une figure inspirante pour une délégation qui cherche à retrouver sa place au sommet.

L'époque où le Canada, propulsé par de prolifiques athlètes comme Chantal Petitclerc, faisait partie de l'élite paralympique est révolue. Troisième au classement des médailles à Athènes en 2004, le pays a chuté au 20e rang à Londres en 2012, avec 31 récompenses, dont 7 d'or.

Chantal Petitclerc, détentrice du record canadien avec 21 médailles paralympiques en athlétisme en fauteuil roulant, dont 14 d'or, croit que l'expérience des Jeux parapanaméricains tenus à Toronto l'été dernier aidera les athlètes canadiens.

« Je pense que nos athlètes vont faire mieux que ce à quoi on s'attend, parce qu'on a eu les Jeux de Toronto, estime-t-elle. [...] Avec le village des athlètes, les médias, l'antidopage, c'était comme des mini-Jeux. Pour des athlètes qui en seront à leurs premiers ou deuxièmes Jeux paralympiques, ça va leur donner beaucoup de confiance et beaucoup d'expérience. »

Mais Chantal Petitclerc ne se fait pas d'illusions. « On ne peut pas passer d'un top 20 à un top 3 en quatre ans, c'est mathématiquement impossible », dit-elle.

Les podiums des Paralympiques sont aussi moins accessibles qu'avant pour les Canadiens, souligne-t-elle, une évolution dont elle se réjouit.

« Connecter avec les athlètes »

Avec son expérience d'ancienne athlète et de médaillée des Jeux paralympiques, Chantal Petitclerc veut « connecter » avec les athlètes qu'elle conduira à Rio, sans être « intrusive », et leur faire savoir qu'elle sera disponible pour eux.

Elle promet aussi de jouer son rôle dans l'enthousiasme, à la manière de l'ancien nageur Mark Tewkesbury, chef de mission du Canada pour les Jeux olympiques de Londres en 2012.

« Comme Mark Tewkesbury le disait très bien, je veux être la fan numéro un de chaque athlète, rôle qu'il a rempli à la perfection », dit-elle.

Un record dans la ligne de mire de Benoît Huot

La présence de Chantal Petitclerc suscite aussi l'enthousiasme chez les athlètes.

« C'est une excellente nouvelle d'avoir Chantal dans notre équipe, estime le nageur Benoît Huot, qui, à 32 ans, prépare ses cinquièmes Jeux paralympiques. [...] À Londres, elle n'était pas Canadienne, elle entraînait les athlètes britanniques. On est très fier de la ravoir dans notre camp, parce que c'est la plus grande athlète. »

Benoît Huot, né avec une malformation du pied droit (communément appelée pied bot), est aussi un des grands des Jeux. Il a cumulé 19 médailles paralympiques, dont l'or au 200 m quatre nages à Londres, avec un record du monde à la clé. Au total, il en a seulement deux de moins que Chantal Petitclerc.

Pour établir une nouvelle marque canadienne, Huot devra participer à trois épreuves à Rio, un engagement qu'il n'a pas encore pris. Il pourrait ne nager que dans deux épreuves. S'il a la chance de viser une 22e médaille, il promet de la saisir, mais ne garantit rien.

Aurélie Rivard et la relève

Benoît Huot dit simplement vouloir « nager plus vite qu'il l'a fait ces dernières années », sans mettre un chiffre sur le nombre de médailles qu'il pourrait décrocher à Rio.

Mais il en prédit beaucoup à Aurélie Rivard, nageuse québécoise qui a un handicap de la main gauche et qui est une figure dominante de la relève canadienne. À 19 ans, elle a déjà un palmarès bien garni : une médaille d'argent (400 m libre) aux Jeux de Londres, quand elle n'avait que 16 ans, et 7 autres, dont 6 d'or, aux Jeux parapanaméricains de Toronto en 2015, entre autres.

« Vous pouvez la suivre cet été à Rio, elle sera l'athlète à battre et l'athlète qui pourrait gagner le plus de médailles dans la délégation canadienne, estime Benoît Huot. Elle aura 20 ans à Rio, elle a encore une dizaine d'années devant elle.

« C'est la relève, ajoute-t-il. Il y a Aurélie, mais il y a aussi plusieurs athlètes dans ce groupe qui continue d'évoluer en paranatation et dans les autres sports paralympiques. »

Des histoires invraisemblables

Les Jeux paralympiques, c'est aussi des histoires invraisemblables, comme celle de la paracycliste Marie-Ève Croteau, 36 ans, vice-championne du monde du contre-la-montre et de l'épreuve sur route dans la catégorie T2 en 2013, en encore au contre-la-montre en 2014.

L'athlète de Québec a survécu à trois accidents d'auto et un virus s'est attaqué deux fois à sa moelle épinière, la laissant avec une paraplégie incomplète des jambes.

À Londres, son rêve olympique a été gâché par une commotion cérébrale.

Puis l'an dernier, un test à l'effort l'a plongée dans un coma de cinq jours.

Un gros diachylon. Et un sérieux coup de main à la délégation paralympique canadienne.

(D'après un reportage d'Olivier Arbour-Masse)