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06/03/2016 05:40 EST | Actualisé 07/03/2017 00:12 EST

Les talibans afghans participeront à des pourparlers "d'ici quelques semaines" (sources gouvernementales)

Les talibans afghans dialogueront directement avec Kaboul "d'ici quelques semaines", ont assuré plusieurs sources gouvernementales à l'AFP dimanche, malgré le refus exprimé la veille par les insurgés de participer à tout pourparler.

Le gouvernement afghan et ses partenaires chinois, américains et pakistanais tablaient sur une reprise du dialogue direct avec les talibans au tout début du mois de mars pour relancer un processus au point mort depuis l'été dernier.

Or les islamistes ont balayé tout espoir samedi en refusant de s'asseoir à la table des négociations tant que leurs pré-conditions ne seraient pas satisfaites, dont le départ des troupes étrangères d'Afghanistan. "Ces négociations inutiles et trompeuses ne produiront aucun résultat", ont-ils asséné.

Mais dimanche, à l'occasion d'un discours prononcé au Parlement, le président Ashraf Ghani a dit son "espoir" de raviver un dialogue qui permettrait de mettre fin à un conflit vieux de plus de 14 ans.

"Aux talibans, je dis ceci: vous êtes face à un choix historique. Soit vous êtes aux côtés de vos compatriotes, soit vous soutenez l'opposition", a déclaré le chef de l'Etat.

Un de ses proches collaborateurs, qui a souhaité garder l'anonymat, est allé plus loin, assurant à l'AFP que les "talibans finiront par participer aux pourparlers. Nous en sommes convaincus".

Un responsable du Haut conseil pour la paix, l'organe gouvernemental chargé de négocier avec les insurgés, a fait preuve du même optimisme prudent, assurant que la reprise du dialogue aurait lieu "d'ici quelques semaines".

Un premier dialogue direct avait eu lieu au Pakistan l'été dernier, mais une seconde édition avait été reportée sine die après l'annonce de la mort du mollah Omar, le fondateur du mouvement taliban. Depuis, sous la houlette de leur nouveau leader, le mollah Akhtar Mansour, les islamistes ont étendu leur insurrection à l'ensemble de l'Afghanistan et multiplié les attentats.

Ce regain de violences fait dire à l'analyste Mia Gul Waseeq que les talibans "veulent être en position de force pour négocier afin d'obtenir un maximum de concessions".

Mais ces éventuels pourparlers, s'ils ont lieu, mettront aussi en évidence l'influence qu'exerce le Pakistan auprès des talibans afghans, soutenus depuis leurs débuts par Islamabad. Cette semaine, un haut responsable pakistanais a d'ailleurs reconnu pour la première fois que son pays offrait un asile sûr aux dirigeants talibans afghans.

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