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06/03/2016 13:08 EST | Actualisé 07/03/2017 00:12 EST

Le directeur financier d'EDF démissionne, en désaccord sur un projet nucléaire anglais

Le directeur financier du géant français de l'électricité EDF a démissionné en raison d'un désaccord sur un projet controversé de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, en Angleterre, a-t-on appris dimanche dans l'entourage du groupe.

Thomas Piquemal "a présenté sa démission la semaine dernière à Jean-Bernard Lévy (le PDG d'EDF, ndlr) en raison d'un désaccord sur Hinkley Point", a indiqué cette sources, confirmant une information de l'agence Bloomberg.

Le désaccord porte "sur la faisabilité à court terme" de ce projet gigantesque de 18 milliards de livres (23,2 milliards d'euros), pour lequel EDF tarde à prendre une décision finale d'investissement, ultime étape pour sa concrétisation.

Le groupe contrôlé à 84,5% par l'Etat français n'a pas souhaité faire de commentaire, mais selon la même source, l'annonce officielle de la démission devrait intervenir lundi.

Elle a aussi précisé que le directeur financier ne souhaitait pas précipiter la construction des deux réacteurs de troisième génération, censés entrer en service en 2025 sur le site d'Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l'Angleterre. "Il a estimé qu'à un moment, il fallait prendre ses responsabilités", a-t-elle dit.

D'après l'agence Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier, Thomas Piquemal s'inquiétait notamment que la décision finale d'investissement puisse être annoncée dès début avril. Cette opération compromettrait, selon lui, la santé financière du groupe.

EDF a dû prendre une participation majoritaire de 66,5% dans la future centrale, aux côtés de l'entreprise publique chinoise CGN qui assumera un tiers du financement après le retrait du groupe nucléaire français Areva - le concepteur de l'EPR - en raison de ses affres financiers.

Cela signifie que l'électricien devra consolider l'investissement dans ses comptes, alors que son bilan affichait déjà une dette nette de 37,4 milliards d'euros à la fin 2015 et que son cours de Bourse a fondu de plus de moitié en un an.

Les inquiétudes de Thomas Piquemal rejoignent celles des syndicats d'EDF: ils demandent le report du projet, qui a fait l'objet d'un accord commercial en octobre 2015, craignant eux aussi que le coût de la construction ne menace l'existence du groupe.

La France et la Grande-Bretagne ont pourtant réaffirmé jeudi leur attachement au projet, qualifié de "pilier" de leur relation bilatérale.

"Ce projet stratégique majeur constituera un élément-clé de la politique énergétique britannique, en offrant à l'horizon 2025 la garantie d'une électricité sûre, compétitive et sobre en carbone", avaient écrit les deux pays dans un document diffusé à l'issue d'un sommet franco-britannique à Amiens (nord).

Deux jours auparavant, le ministre français de l'Economie, Emmanuel Macron, était déjà monté au front pour défendre la construction des deux EPR, la qualifiant de "très bon investissement" pour l'électricien français.

mpa/boc/pyv/fjb

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