NOUVELLES
06/03/2016 10:48 EST | Actualisé 07/03/2017 00:12 EST

La Russie enfreint toujours les règles antidopage, selon la chaîne allemande ARD

L'athlétisme russe, suspendu provisoirement de toutes compétitions, enfreint toujours les règles de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) et de l'Agence mondiale antidopage, selon le troisième volet d'un documentaire de la chaîne nationale allemande ARD.

Le documentaire de 30 minutes, programmé dimanche en soirée, présente plusieurs exemples d'athlètes et entraîneurs russes qui continuent de violer les règles de l'IAAF et de l'AMA, selon un premier communiqué de la chaîne.

Dans un extrait diffusé en début de soirée, l'enquête présente des images du coach d'endurance Vladimir Mokhnev, suspendu pour des allégations de dopage, toujours en charge d'un groupe d'athlètes dans une province reculée de Russie.

Dans un enregistrement audio présenté comme impliquant Anna Antselovich, la nouvelle directrice générale de l'Agence antidopage russe (Rusada), une athlète est avertie par la dirigeante d'un contrôle antidopage à venir.

L'extrait de l'enquête propose également des enregistrements de conversations téléphoniques avec un entraîneur russe sur la disponibilité de produits dopants et leurs coûts.

"Quand un officiel informe intentionnellement des athlètes à l'avance sur des tests antidopages, cela doit entraîner des conséquences disciplinaires. Il doit y avoir une enquête et la personne doit être limogée", estime Joseph de Pencier, président de l'Association internationale des organisations nationales antidopage (Inado), dans le communiqué d'ARD.

Le documentaire présente également des enregistrements audios avec un entraîneur russe à propos de produits dopants et leurs coûts.

"Très sceptique", M. de Pencier estime dans le documentaire que "sur ce que l'on sait actuellement, les athlètes russes ne devraient pas être autorisés à concourir aux JO-2016" à Rio.

Dans un communiqué, l'IAAF a remercié la chaîne allemande et son enquêteur "d'avoir donné accès aux matériels vidéo et audio à Rune Andersen, le président de la task force de l'IAAF".

L'instance internationale ajoute que son groupe de travail "va se pencher attentivement sur les questions soulevées par le documentaire et en discuter avec des représentants de la Rusaf (Fédération russe d'athlétisme)".

ARD avait lancé un pavé dans la mare le 3 décembre 2014 avec la diffusion d'un premier documentaire intitulé "Dossier secret sur le dopage: comment la Russie produit ses vainqueurs", révélant un dopage systématique couvert par les autorités nationales dans l'athlétisme.

Le Comité international olympique (CIO) avait demandé l'ouverture d'une enquête et l'Ama avait mis en place une commission d'enquête sur les allégations de la chaîne allemande.

Juste avant les Mondiaux-2015 à Pékin, ARD a diffusé un deuxième volet "Dopage - top secret: le monde opaque de l'athlétisme", avec de nouvelles accusations à l'encontre d'athlètes russes et kényans.

Début novembre, la commission d'enquête indépendante mandatée par l'AMA a publié un rapport mettant en lumière un dopage organisé dans l'athlétisme russe, au sein duquel l'Agence russe antidopage (Rusada) a aidé à dissimuler des cas positifs impliquant des athlètes russes.

L'AMA a dans la foulée déclaré la Rusada et le laboratoire moscovite antidopage non conformes au Code mondial antidopage. Peu après, l'IAAF a suspendu la Russie de toute compétition d'athlétisme, ouvrant la porte à une possible absence des athlètes russes aux jeux Olympiques de Rio en août 2016.

sg/ale/