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06/03/2016 10:42 EST | Actualisé 07/03/2017 00:12 EST

La CAQ réclame la fin de l'incorporation des médecins

La Coalition avenir Québec veut mettre fin à l'incorporation des médecins, qui leur procure des avantages fiscaux, privant ainsi le Québec de 150 millions de dollars, selon la formation politique. Cet argent pourrait servir à améliorer le financement des soins à domicile dans la province, selon CAQ.

Le porte-parole caquiste en matière de santé et de services sociaux, le député de Lévis François Paradis, a soutenu que l'incorporation n'avait plus sa place aujourd'hui, puisque « le médecin n'a pas à gérer de risques d'entreprise. Le médecin a un seul payeur : les fonds publics », a-t-il affirmé en point de presse, dimanche, à Québec.

« C'est une entité qui le paie avec des fonds publics. Donc, la notion de l'incorporation se met en doute elle-même », a-t-il renchéri.

Investir dans les soins à la maison

François Paradis estime que ce montant pourrait être investi dans les soins à domicile. Les libéraux pourraient ainsi tenir leur promesse électorale de 2014 d'investir 150 millions de dollars par an dans les soins de santé à domicile sur cinq ans, juge la CAQ.

M. Paradis a précisé que, selon les données colligées par la CAQ, au moins 16 000 personnes sont en attentent pour avoir accès aux soins à domicile. Le député caquiste juge qu'il faut que les médecins fassent leur bout de chemin, à l'instar des Québécois moyens, afin de raccourcir cette liste d'attente.

« On le sait tous comment ça se passe. Les Québécois ont un fardeau. Ils ont un pouvoir d'achat diminué. Le gouvernement leur en demande toujours davantage avec 1001 taxes directes et indirectes. [Dans ce contexte], on veut que les médecins [payés par la Régie de l'assurance maladie du Québec] n'aient plus la possibilité, comme la majorité des citoyens, de s'incorporer et d'aller chercher des avantages fiscaux », a-t-il expliqué.

M. Paradis a avancé qu'en injectant les fonds qui pourraient ainsi être obtenus dans les soins à domicile, bien des « gens vulnérables » éviteraient de voir leur quotidien être bouleversé. « [Pour eux, ça ferait] la différence entre continuer à la maison ou se retrouver en centre d'hébergement ou à l'hôpital », a-t-il souligné.

Le député péquiste de Marie-Victorin et porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, Bernard Drainville, s'était également positionné contre l'incorporation des médecins à la fin du mois de février. 

Actuellement, 10 000 médecins sont incorporés, ce qui représente 48 % des médecins au Québec.