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06/03/2016 07:06 EST | Actualisé 07/03/2017 00:12 EST

Géorgie: des milliers de manifestants contre un projet d'accord gazier avec la Russie

Des milliers de Géorgiens ont défilé dimanche à Tbilissi pour dénoncer le projet controversé du gouvernement, pourtant officiellement abandonné, d'acheter du gaz à la Russie par l'intermédiaire du géant public Gazprom.

Brandissant des drapeaux géorgiens et scandant "Non à Gazprom", les manifestants ont formé une chaîne humaine longue de six kilomètres à travers la capitale, entre le siège du gouvernement et l'ambassade de Russie.

La manifestation s'est tenue à l'appel du parti d'opposition pro-occidental de l'ancien président Mikheïl Saakachvili, au pouvoir lors de la guerre-éclair qui avait opposé son pays à la Russie en 2008 et actuellement gouverneur de la région d'Odessa en Ukraine.

Son Mouvement de l'Unité nationale accuse le Kremlin d'utiliser Gazprom comme une arme politique en vue d'empêcher la Géorgie de se rapprocher des Occidentaux.

Samedi, le ministère de l'Energie a pourtant annoncé l'abandon du projet initial d'acheter du gaz à la Russie, après avoir conclu un accord avec l'Azerbaïdjan voisin pour s'approvisionner.

Mais selon David Bakradzé, un élu du Mouvement de l'Unité nationale, "notre objectif ne sera atteint que quand nous serons certains d'avoir forcé le gouvernement à dire non à un retour de la Géorgie sous l'influence de Gazprom".

La coalition au pouvoir actuellement cherche à trouver un équilibre entre les réformes pro-occidentales menées depuis la "Révolution des roses" de 2003 et le maintien de relations apaisées avec la Russie.

"Nous devons être vigilants afin que ce gouvernement ne cause pas plus de mal aux intérêts nationaux de la Géorgie avant d'être chassé du pouvoir lors des élections législatives d'octobre", a affirmé de son côté un autre responsable du parti, Gigua Bokeria.

En janvier 2006, une double explosion sur le gazoduc entre la Russie et la Géorgie avait provoqué la suspension des livraisons de gaz russe lors d'un hiver particulièrement rude. Tbilissi avait alors accusé un acte des services secrets visant à forcer le pays à vendre ses gazoducs à Gazprom.

Moscou avait rejeté ces accusations et mis en cause des "groupes terroristes" du Caucase du nord.

Depuis la guerre qui a opposé les deux ex-républiques soviétiques en 2008, leurs relations diplomatiques sont quasi inexistantes.

Certains manifestants ont également brandi des portraits de la pilote militaire ukrainienne Nadia Savtchenko, jugée en Russie pour le meurtre de deux journalistes russes en Ukraine, ce qu'elle conteste.

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