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06/03/2016 15:18 EST | Actualisé 07/03/2017 00:12 EST

Clinton et Sanders plongent dans le bain brûlant de Flint

Les deux démocrates en course pour la Maison Blanche, Hillary Clinton et Bernie Sanders, se retrouvent dimanche soir à Flint, ville à l'eau gravement contaminée au plomb, pour débattre des déséquilibres économiques et des injustices sociales aux Etats-Unis.

Ces dernières semaines, le retentissant scandale sanitaire qui frappe cette cité financièrement sinistrée de l'Etat du Michigan (nord-est) a choqué les Américains.

Des milliers d'enfants de Flint ont été exposés à une eau toxique après la décision du gouverneur républicain d'utiliser pour le réseau de distribution la rivière locale, pourtant acide et polluée.

Hillary Clinton et Bernie Sanders se savent attendus au tournant dans cette ville majoritairement noire, accablée par la pauvreté, la criminalité et le chômage depuis la fermeture des usines de General Motors. Les deux candidats ont déjà fait récemment un déplacement distinct à Flint.

- 'Confiance rompue' -

"Les gens veulent entendre ce que le gouvernement va faire pour les aider, au niveau de l'Etat, au niveau national et surtout car ce débat est celui de la présidentielle", explique à l'AFP le révérend Daniel Moore, pasteur de l'église baptiste de Shiloh, située dans un quartier défavorisé du nord de Flint.

"La confiance est rompue", poursuit-il, tandis que la population est dépendante d'une vaste distribution quotidiennes de bouteilles d'eau en plastique.

"Nous sortirons un jour de cette crise de l'eau, mais avec des conséquences à long terme sur notre santé. Que vont-ils faire pour nous accompagner ?", demande-t-il.

L'Etat du Michigan vote mardi pour les primaires, offrant à son vainqueur un nombre élevé de délégués, et ce débat dimanche est pour Bernie Sanders l'une des dernières chances de freiner l'avancée apparemment irrépressible d'Hillary Clinton vers l'investiture démocrate.

C'est le premier face-à-face entre l'ancienne secrétaire d'Etat et le sénateur du Vermont depuis le "super mardi" -- des primaires dans une douzaine d'Etats -- qui a conforté la position de favorite de Mme Clinton dans le camp démocrate. L'ancienne Première dame avait raflé sept victoires.

Bernie Sanders a toutefois redonné des couleurs à sa campagne avec deux succès samedi dans le Kansas et le Nebraska, mais en concédant à Mme Clinton une large avance en Louisiane, le plus important des Etats qui étaient en lice.

Côté républicain, le sénateur très conservateur du Texas Ted Cruz apparaît désormais comme le seul candidat pouvant faire dérailler la marche du milliardaire Donald Trump vers l'investiture, cette dernière hypothèse étant honnie par l'appareil du parti, largement impuissant.

- Le poids des délocalisations -

M. Cruz l'a emporté largement dans les Etats du Kansas et du Maine samedi, l'homme d'affaires gagnant lui le Kentucky et la Louisiane.

Les deux autres candidats à l'investiture républicaine, le sénateur de Floride Marco Rubio et l'ancien gouverneur de l'Ohio John Kasich ont encore perdu du terrain, mais refusent l'un et l'autre de jeter l'éponge.

La prochaine fournée de primaires républicaines est prévue mardi dans le Michigan, le Mississippi, l'Idaho et à Hawaï, avant un nouveau "super mardi" le 15 mars ou 5 grands Etats seront en jeu, dont la Floride.

Au terme des primaires, le candidat qui aura remporté le plus de délégués sera investi à la convention nationale du parti en juillet.

Dans le Michigan, berceau de l'industrie automobile américaine, Hillary Clinton pourrait bénéficier de sa popularité chez les électeurs noirs et de son opportunisme qui l'a vue très tôt exiger justice pour les victimes de Flint.

Mais elle pourrait pâtir de son soutien passé à des accords de libre-échange comme l'Alena (Amérique du Nord) ou le projet de partenariat transpacifique (TPP), accusés par Bernie Sanders, grand pourfendeur de Wall Street, de précipiter les délocalisations industrielles.

seb/gkg