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06/03/2016 02:11 EST | Actualisé 07/03/2017 00:12 EST

Brexit: Boris Johnson dénonce "les agents du projet de la peur"

Boris Johnson, le nouveau champion des partisans d'un Brexit, a dénoncé dimanche les manoeuvres "scandaleuses" des "agents du projet de la peur" qui se trouvent, selon lui, parmi les défenseurs d'un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

Le maire conservateur de Londres a fustigé dans un communiqué la suspension temporaire du directeur général de la Chambre de commerce britannique (BCC), John Longworth, orchestrée selon lui par les "agents de Project Fear".

Selon le Financial Times, M. Longworth a été mis sur la touche après avoir manifesté sa préférence "personnelle" pour un Brexit jeudi lors de la visite à Londres du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble.

"Voilà un homme qui est arrivé, après une longue réflexion et fort d'une grande expérience dans le monde des affaires, à la conclusion qu'il serait mieux de quitter" l'UE lors du référendum du 23 juin où les Britanniques se prononceront sur leur avenir au sein du bloc des 28, a souligné Boris Johnson.

"Son verdict reflète la réalité (...) il est absolument scandaleux qu'il ait été forcé de se mettre en retrait", a insisté M. Johnson dont le ralliement au camp des eurosceptiques a attisé les éternelles divisions sur l'Europe au sein du parti conservateur.

Les services du Premier ministre David Cameron, favorable lui à un maintien dans l'UE, ont assuré que Downing Street n'avait pas fait pression sur la BCC pour suspendre M. Longworth.

Boris Johnson a également balayé cette hypothèse dimanche sur la BBC dans sa première grande interview télévisée depuis qu'il a rejoint les partisans d'un Brexit.

Mais le bouillant maire de Londres a ajouté que le directeur général de la BCC avait "payé un lourd tribut seulement pour avoir partagé sa vision optimiste des chances de notre pays" en dehors du giron de l'UE.

Boris Johnson a comparé un Brexit à l'évasion d'une "prison où le geôlier aurait accidentellement laissé la porte ouverte". Les détenus "peuvent entrevoir les terres ensoleillées au loin mais ils ont peur des dangers du grand large. Alors qu'en fait, ce serait magnifique et un gros poids en moins pour nos entreprises", a-t-il prophétisé.

Refusant de personnaliser le débat, il a assuré qu'il ne s'attendait "certainement pas" à remplacer David Cameron au poste de Premier ministre en cas de victoire de son camp.

"A ce que je sache, aucun chef d'État européen n'a démissionné après un référendum ces vingt dernières années. Tout ça c'est des foutaises", a-t-il martelé. "Ce qui compte, a-t-il ajouté, c'est que nous avons aujourd'hui une opportunité en or de nous débarrasser d'un fardeau réglementaire et législatif profondément anti-démocratique."

jk/alc