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05/03/2016 10:03 EST | Actualisé 05/03/2016 10:49 EST

Nouvelles manifestations devant un journal d'opposition à Istanbul (VIDÉO)

Environ 2000 personnes se sont rassemblées samedi à Istanbul devant les locaux du principal quotidien turc qui ont été saisis vendredi sur ordre de la justice dans le cadre d'une enquête sur l'opposant Fethullah Gülen que le président Recep Tayyip Erdogan accuse de vouloir fomenter un coup d'État.

La police a de nouveau fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser les protestataires qui avaient déjà exprimé leur mécontentement en se rassemblant vendredi soir.

La justice turque a ordonné vendredi la désignation d'un administrateur pour diriger le quotidien Zaman, le premier du pays, et sa version anglophone Today's Zaman dans le cadre d'une enquête sur Fethullah Gülen, opposant et prédicateur en exil aux États-Unis.

La décision de justice a suivi les requêtes du ministère public qui demandait une enquête sur le mouvement dirigé par Gülen en arguant de la lutte contre le terrorisme.

Le président Erdogan estime que le prédicateur prépare un coup d'État en Turquie en infiltrant la justice, la police, les médias et d'autres institutions pour créer une « structure parallèle ». Gülen rejette ces accusations.

Les associations de défense des libertés et des responsables européens ont condamné cette initiative, y voyant la démonstration d'une volonté du gouvernement turc de réduire au silence l'opposition.

Plusieurs autres organes de presse liés au mouvement de Gülen avaient été saisis en octobre et des entreprises, y compris une banque, avaient été confisquées.

« Très inquiet des derniers développements concernant le journal Zaman qui menace les progrès accomplis en Turquie dans d'autres domaines », a écrit le commissaire européen à l'Élargissement, Johannes Hahn, sur Twitter.

« Nous continuerons à surveiller l'affaire de près. La Turquie, en tant que pays candidat [à l'adhésion européenne], doit respecter la liberté des médias », a-t-il ajouté.

Le président du parlement européen, Martin Schultz, a estimé qu'il s'agissait « d'un nouveau coup porté à la liberté de la presse » et a promis de s'entretenir de cette question avec le premier ministre turc Ahmet Davutoglu, lundi.

Des voix se sont élevées pour reprocher à l'Union européenne de faire semblant de ne pas voir les remises en cause des libertés en Turquie afin de ne pas froisser le gouvernement turc au moment où la coopération de ce dernier est nécessaire dans la gestion de la crise des migrants.

Le Canada préoccupé

Sur son compte Twitter, Affaires mondiales Canada s'est dit « préoccupé de la saisie du journal Zaman par les autorités gouvernementales » en Turquie.