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03/03/2016 05:57 EST | Actualisé 03/03/2016 06:28 EST

«La Voix Junior»: mini-chanteurs à l'œuvre pour les pré-auditions (PHOTOS)

Pamela Lajeunesse

Ils ont de sept à quatorze ans, ont les yeux brillants, adorent des artistes que leurs parents ne connaissent pas nécessairement, et pas un flocon de neige n’aurait pu les décourager de se pointer aux pré-auditions de La Voix Junior, mercredi.

Après un fructueux premier week-end de repérage à Québec, où plus de 1000 jeunes aspirants ont tenté leur chance, Stéphane Laporte, concepteur de La Voix et de son dérivé pour enfants (adaptation de la formule française The Voice Kids), de même que ses collègues Valérie Dalpé, productrice au contenu, et Marie-Ève Riverin, chanteuse et coach vocale, avaient établi leurs quartiers à l’Hôtel Gouverneur de Montréal, mercredi, pour entendre les candidat(e)s intéressé(e)s à participer à cette mini-Voix, qui prendra l’antenne dès l’automne prochain, à TVA.

L’équipe de production avait un peu la frousse, en début de semaine, que l’affluence soit amoindrie en raison de la tempête annoncée pour mercredi, mais c’était de bien mal mesurer l’enthousiasme des jeunes chanteurs et téléspectateurs de La Voix, qui s’étaient déplacés en masse, à coups de centaines, avec papa ou maman, pour s’inscrire au concours et pousser la note une première fois dans ce contexte semi-professionnel. D’autant plus que c’était semaine de relâche pour la plupart d’entre eux!

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Parcours précis

Certains avaient pris le rang tôt en matinée, dès 6h, pour se faire entendre, alors que les auditions n’ouvraient officiellement qu’à 8h. En début d’après-midi, vers 13h30, les juges Stéphane Laporte, Valérie Dalpé et Marie-Ève Riverin, étaient rendus à évaluer le candidat «numéro» 748. Et il y avait encore plusieurs personnes qui patientaient, d’abord en files sectionnées à l’intérieur de la Place Dupuis, le centre commercial adjacent à l’hôtel, puis dans la première salle d’attente, où les candidats étaient invités à remplir une fiche d’inscription détaillée, dans laquelle ils devaient notamment indiquer s’ils allaient chanter a capella ou accompagnés d’une piste sonore ou d’un instrument pour ce test important.

Par exemple, Élisabeth Roux, 11 ans, de Saint-Hubert, était escortée de «son» guitariste pour faire vibrer sa voix sur Sous une pluie d’étoiles, de Cindy Daniel. «Je chante depuis que je sais parler, a martelé Élisabeth. Je voudrais devenir chanteuse. Sinon, je n’ai pas d’autres idées!»

Un dernier salon accueillait finalement la dizaine de gamins tout juste prêts à traverser la fameuse porte qui les mènerait au panel de décideurs ; juste avant de la franchir, une personne veillait à rassurer les bambins, les réconforter et répondre à leurs questions, cinq minutes avant l’instant fatidique.

Quelques-uns avaient même voulu ne prendre aucun risque en se rendant à Montréal la veille, histoire de ne pas être bloqués par les intempéries. C’est le cas de Loriane Denis, 12 ans, de Prévost, et sa maman, Caroline Hébert, qui avaient passé la nuit sur place, à l’Hôtel Gouverneur… et étaient levées depuis 3h du matin, trop fébriles pour dormir!

Pas question, pour Loriane, de laisser la météo freiner sa passion et l’empêcher de chanter Dernière danse, de Indila, aux pré-auditions. Membre d’une chorale, la petite a aussi suivi trois cours avec des professeurs privés.

«C’est vraiment mon rêve de faire La Voix», s’est enflammée Loriane, qui en pince pour Markos dans l’édition de La Voix aujourd’hui en ondes.

Grande diversité

Premier constat, en jetant un œil au bassin de potentielles prochaines «voix» du Québec : les filles sont en majorité. Peut-être le dévoilement, la semaine dernière, de l’identité de la première coach, Marie-Mai, a-t-il joué un rôle dans la proportion garçons-filles, la rockeuse étant, comme on le sait, très populaire auprès des fillettes. La grande gentillesse d’un Marc Dupré, qui sera aussi du périple, en a peut-être convaincu plusieurs aussi. Il reste encore un coach de La Voix Junior à annoncer.

Seconde observation : les jeunes présents ne sont pas tous de fervents assidus de La Voix, et ne s’emballent pas nécessairement à l’idée de devenir célèbres. Myriam Tremblay, 10 ans, de Drummondville, qui s’apprêtait à se commettre sur Ma philosophie, d’Amel Bent, a affirmé regarder La Voix «des fois». Son père, Sylvain, se disait simplement heureux que sa fille tente le coup. «C’est une belle expérience pour elle. Elle chante tout le temps à la maison. Mais on ne sait pas si elle va se rendre à devenir une vedette…», a-t-il déclaré, sourire aux lèvres.

Camille Larouche, 9 ans, de Trois-Rivières, qui avait opté pour L’oiseau et l’enfant, de Marie Myriam, aimerait de son côté être choisie pour pouvoir offrir des prestations en groupe et en duo avec d’autres camarades. ; sa mère, Geneviève Lessard, elle, entrevoyait ce mercredi de nervosité comme une belle journée de filles.

Quant à Juliette Maxime Bergeron, 11 ans, de Laval, elle croit que d’accéder à La Voix Junior «travaillerait sa confiance en [elle], pour la développer plus».

Troisième remarque : Je vole, interprétée par Louane dans le film La famille Bélier, relecture d’une chanson de Michel Sardou, fait actuellement fureur auprès de la jeunesse québécoise et dans les micros des pré-auditions de La Voix Junior. Les tubes de l’heure, dont ceux de Marie-Mai et de Marc Dupré, ou la joyeuse ritournelle Uptown Funk, ont évidemment la cote, mais Stéphane Laporte dit avoir aussi entendu des morceaux de Claire Pelletier, par exemple, ou d’autres airs dans des registres plus marginaux. Au moment du passage du Huffington Post Québec sur les lieux, Marie-Audrey Roy, 13 ans, de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, venait d’entonner avec brio et sans fausses notes Le ciel est à moi, de Marie-Élaine Thibert.

«J’ai aimé ça, s’est réjouie Marie-Audrey. C’a été un peu long avant de passer, mais certains n’ont pas pu le faire encore, alors je suis contente. C’était le fun! Ma nervosité a vite passé et les juges sont gentils.»

«Je suis pas mal fière d’elle, parce qu’elle était très stressée, a renchéri sa mère, Julie Garant. Marie-Audrey suit des cours de chant depuis 2009. Elle a commencé à chanter avant de marcher!»

«À chaque fois qu’un enfant arrive, c’est comme une boîte à surprise ; on se demande ce qu’il a en lui, révèle Stéphane Laporte. C’est sûr qu’il y a un côté cute, dès qu’ils entrent. Quand on voit quelqu’un de sept ans qui arrive devant le micro, on a tous le sourire fendu jusqu’aux oreilles avant même qu’il ait chanté, on est déjà conquis.»

Pas de stress

Estimant que leur boulot demeure le même, qu’il aient devant eux une grande ou un petite personne, Stéphane Laporte et ses complices considèrent les futures têtes d’affiche de La Voix Junior d’après les mêmes balises que leurs aînés de La Voix.

«Les critères ne sont pas différents pour les 7 à 14 ans que pour les 15 ans et plus. Les candidats ont une chanson ; que font-ils avec cette chanson-là? Comment arrivent-ils à toucher, à faire passer le message, à s’approprier la chanson? C’est ce talent qu’on recherche, que la personne ait huit ou trente ans.»

«Au bout de la ligne, nous, on ne garde que la crème. Il n’y aura que 100 personnes qui vont faire l’émission à la télévision, et c’est sûr que ce sera 100 hots, parce qu’après seulement deux jours de portes ouvertes, on a déjà au-dessus d’une centaine de très, très bons candidats.»

Stéphane Laporte assure que les pré-adolescents qui se risquent aux pré-auditions de La Voix Junior ne subissent aucune pression. Le processus n’est pas axé sur l’aspect compétitif du jeu ; d’ailleurs, on ne connaît toujours pas le prix que remportera le gagnant ou la gagnante. Et le vieux routier des formats du genre, qui orchestrait aussi, auparavant, les auditions de Star Académie, jure n’avoir décelé aucun cas de parent qui vivrait par procuration son rêve de chanter devant la caméra par le biais de sa progéniture.

«Tous les enfants qu’on a vus jusqu’à maintenant étaient contents d’être là, et plusieurs resteraient toute la journée à nous faire un show», s’amuse-t-il.

«C’est sûr que toute la trame de La Voix Junior ne sera pas au niveau du stress et de la compétition. C’est vraiment le plaisir de chanter. On le sent même en pré-auditions. Les jeunes ont du fun. On n’est pas ici pour les intimider, et les coachs ont la même vision.»

Les tournages se dérouleront pendant l’été, afin que les participants ne soient pas forcés de s’absenter de l’école trop souvent.

La tournée de pré-auditions se poursuivra aujourd’hui, à Montréal, puis à Gatineau le 12 mars, Chicoutimi le 19 mars, Gaspé le 25 mars, Moncton le 27 mars, et à Québec, pour des supplémentaires, les 9 et 10 avril. Des supplémentaires pourraient également être annoncées pour Montréal, selon l’achalandage.

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