POLITIQUE
03/03/2016 02:38 EST | Actualisé 03/03/2016 02:49 EST

Jean Charest a intercédé pour Énergie Est au cabinet de Trudeau

CP

Jean Charest a vainement tenté d'organiser une rencontre entre les promoteurs de l'oléoduc Énergie Est et le secrétaire principal de Justin Trudeau plus tôt cette année, écrit jeudi le "Globe and Mail".

Dans un article signé du journaliste Daniel Leblanc, le quotidien écrit que le cabinet du premier ministre Trudeau a refusé parce que la démarche de l'ancien premier ministre québécois ne respectait pas les règles fédérales en matière de lobbyisme.

Le cabinet du premier ministre a confirmé au "Globe and Mail" qu'au cours d'une conversation sur différents sujets avec Gerald Butts, secrétaire principal de Justin Trudeau, M. Charest avait évoqué la possibilité d'organiser une telle rencontre, plus tôt cette année.

La directrice des communications, Kate Purchase, a indiqué mardi au "Globe and Mail" que M. Butts avait alors été très clair avec M. Charest: il sera heureux d'envisager une rencontre avec les dirigeants de TransCanada si la requête respecte les règles en matière de lobbyisme.

M. Charest, aujourd'hui avocat associé au cabinet montréalais McCarthy Tétrault, n'a pas commenté l'information. La porte-parole de la firme, Hélène Sansoucy, a refusé de confirmer au "Globe" que M. Charest était intervenu, ou même que la société TransCanada, promoteur du projet d'oléoduc Énergie Est, est un client du cabinet d'avocats. TransCanada a aussi refusé de confirmer l'information du quotidien.

M. Charest n'est pas inscrit au Registre des lobbyistes. En vertu de la Loi sur le lobbyisme, quiconque intercède, contre rétribution, auprès du gouvernement _ notamment pour organiser une rencontre _ doit être inscrit au registre. Or, les documents publics consultés par le journaliste du "Globe" ne permettent pas de déterminer si M. Charest a été payé pour intercéder en faveur de TransCanada ou s'il aurait dû s'inscrire au registre avant d'en parler à M. Butts.

L'oléoduc Énergie Est, qui ne fait pas l'unanimité au Québec, acheminerait plus d'un million de barils de pétrole par jour de l'Alberta et de la Saskatchewan vers des raffineries du Québec et de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Du port de Saint-Jean, le pétrole ainsi "sorti" du centre du pays pourrait être exporté vers les marchés étrangers.

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