POLITIQUE
02/03/2016 12:15 EST

Accusé d'être un « touriste », Kevin O'Leary traite Maxime Bernier de séparatiste

OTTAWA – La course à la direction du Parti conservateur du Canada n’est pas commencée de façon officielle que, déjà, de potentiels candidats se lancent des attaques.

L’homme d’affaires Kevin O’Leary a déclaré, lors d’une entrevue à l’émission de radio Everything is Political, que Maxime Bernier était sans contredit un « séparatiste », puisqu’il pense que le Québec ne fait pas partie du Canada.

Bernier a déclaré, pendant son allocution à la conférence Manning, samedi, qu’O’Leary agissait en « touriste » quand il vient au Québec. Ce dernier a maintes fois répété qu’il ne voit pas l’utilité d’apprendre le français s’il se lance dans une course à la direction conservatrice.

« Lorsque tu vas dans des restaurants où des lieux touristiques à Québec, bien sûr, les gens vont te répondre en anglais. Comme c'est le cas à Amsterdam, à Vienne et à Rome. Ils veulent ton argent. Ça ne veut pas dire que tu peux gouverner l’Italie sans parler l’italien », a indiqué Bernier.

Il a par la suite répété l’expérience sur Twitter, en disant que l’homme d’affaires agit en touriste partout.

Pour O’Leary, ces paroles prouvent que le député de la Beauce établit une distinction entre le Québec et le Canada – et ce, même s’il y a des francophones dans bien d’autres provinces.

« Il ne pense pas que le Québec fait partie du Canada. Je suis pas mal certain que je suis Canadien, on n’a qu’à vérifier mon passeport. Je pense que pas mal tout le monde au Québec pense que c’est le cas, mais peut-être pas lui. »

Maxime Bernier ne répliquera pas, puisque ses propos ont été pris hors contexte, a indiqué son attachée de presse Renée Farrell.

Rappelons que le chef par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose, maintient que le successeur de Stephen Harper devrait être bilingue.

De potentiels candidats – Tony Clement, Kellie Leitch, Michael Chong et Maxime Bernier, entre autres – font des efforts pour parler dans les deux langues officielles à la Chambre des communes.

Confidences d’une ancienne flamme

L’ex-copine de Maxime Bernier, Julie Couillard, avait elle aussi affirmé que le Beauceron soutenait l’indépendance du Québec dans un livre paru en 2008, selon un compte-rendu de La Presse.

Elle rapporte que « l’indépendance du Québec était une chose inévitable » selon le député et qu’il s’y préparait. « Ça ne me fait pas peur du tout, c’est vers ça qu’on s’en va, c’est évident. Et moi, je n’ai pas de problèmes avec ça. Je suis prêt. J’attends ça », avait-il dit.

Maxime Bernier avait rétorqué, à l’époque, que les affirmations de son ancienne flamme étaient « des ragots, des folies » et qu’il n’allait « pas donner de crédibilité à ces allégations en y répondant ».

Julie Couillard, qui faisait l’objet d’une enquête de la GRC, avait sorti son livre deux semaines avant les élections fédérales. Une façon de « faire mal à Maxime et d’avoir le maximum de couverture médiatique », a confié un stratège conservateur à La Presse.

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