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29/02/2016 01:43 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Syrie: Paris demande la réunion "sans délai" de la task force sur le cessez-le-feu

La France a demandé que le groupe de travail (task force) sur la trêve en Syrie se réunisse "sans délai" à la suite d'informations sur la poursuite d'attaques aériennes, a annoncé lundi à Genève le chef de la diplomatie française.

"Nous avons reçu des indications selon lesquelles les attaques y compris aériennes se poursuivent contre des zones contrôlées par l'opposition modérée", a déclaré à la presse le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

"Tout ceci doit naturellement être vérifié. La France a donc demandé que la +task force+ chargée de surveiller la mise en oeuvre de la cessation des hostilités se réunisse sans délai", a-t-il dit en marge de la session annuelle du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

Une trêve fragile, négociée par la Russie et les Etats-Unis, est entrée en vigueur dans la nuit de vendredi à samedi et jusqu'ici, les protagonistes reconnaissent qu'elle est globalement respectée, malgré des accusations mutuelles de violations.

Le ministre a souligné que la France "souhaite ardemment la fin des hostilités". "Mais elle sera vigilante sur son application concrète", a-t-il dit.

"Ne nous y trompons pas: le drame syrien est le test à l'aune duquel tous nos efforts en matière de droits de l'Homme seront jugés", a poursuivi M. Ayrault. "Pour l'instant, force est de constater que c'est un échec."

Il a affirmé à cet égard que la France "ne se mettra pas du côté de ceux qui voudraient mettre les violations des droits de l'Homme et le droit humanitaire entre parenthèses, sous le tapis".

L'accord de cessation des hostilités est le premier de ce genre en cinq ans d'une guerre qui a fait 270.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

Il est accepté par le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad, par une centaine de groupes rebelles et par les combattants kurdes. Mais il ne s'applique pas aux groupes jihadistes comme l'organisation Etat islamique (EI) et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, qui contrôlent plus de 50% du territoire syrien.

Les jihadistes peuvent donc être frappés pendant la trêve par les forces de Damas, l'aviation russe qui les soutient et la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

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