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28/02/2016 19:08 EST | Actualisé 28/02/2017 00:12 EST

Stallone snobé aux Oscars, "Mad Max: Fury Road" rafle les prix techniques

Sylvester Stallone a été coiffé au poteau par le Britannique Mark Rylance dimanche lors d'Oscars marqués par la polémique sur le manque de diversité à Hollywood, tandis que la saga post-apocalyptique "Mad Max" raflait les prix techniques.

"Sly" était donné grand favori pour sa septième reprise du mythique personnage de boxeur qu'il a créé, Rocky Balboa. C'est finalement Mark Rylance qui, à la surprise générale, a empoché le prix du meilleur second rôle pour avoir incarné un agent russe dans "Le pont des Espions", le dernier Spielberg.

A mi-chemin de la cérémonie, le suspense durait pour le plus gros trophée de la soirée, celui du meilleur film.

"Mad Max: Fury Road", grosse production décoiffante menée à pleins tubes par Charlize Theron en Furiosa et Tom Hardy en Max, a pris de l'avance avec six statuettes sur dix nominations.

"The Revenant", western sombre d'Alejandro Iñarritu, représente toutefois un rival de taille.

Iñarritu pourrait entrer dans l'Histoire d'Hollywood: si "The Revenant" emporte l'Oscar du meilleur film après "Birdman" l'an dernier, il deviendra le premier cinéaste à voir ses oeuvres consacrées deux années de suite.

Si le Mexicain est sacré meilleur cinéaste pour la deuxième année de suite, il ne serait que le troisième à avoir réussi ce doublé, après John Ford et Joseph Mankiewicz.

Son complice et compatriote le directeur de la photographie du "Revenant" Emmanuel Lubezki s'est en tout cas lui dores et déjà taillé une place au panthéon de sa profession: il a récolté son troisième Oscar d'affilée.

"The Revenant" et "Mad Max" ont pour principaux adversaires la saga journalistique "Spotlight", dénonçant la pédophilie dans l'Eglise et "The Big Short: Le casse du siècle", sur la crise financière.

Le réalisateur de "Spotlight" Tom McCarthy, primé pour son scénario, a rendu hommage aux victimes des prêtres pédophiles dans le monde entier.

"L'Eglise doit faire plus pour protéger les enfants", a-t-il aussi fustigé.

Parmi les thèmes brûlants de la soirée, l'actrice suédoise Alicia Vikander oscarisée pour "The Danish Girl", où elle incarne l'épouse de la pionnière transgenre Lili Elbe, a appelé à plus de reconnaissance pour les transsexuels.

"Tout comme ce film m'a permis d'apprendre, j'espère qu'il va ouvrir un débat plus large", a-t-elle déclaré dans les coulisses du Dolby Theatre.

Chez les acteurs, les devins d'Hollywood sont d'accord: c'est l'année de Leonardo DiCaprio.

Dans "The Revenant", l'acteur de 41 ans donne une interprétation viscérale du légendaire trappeur Hugh Glass, laissé pour mort par des équipiers qui le trahissent et tuent son fils.

Pour ce rôle, "Leo" a escaladé des montagnes avec de lourdes fourrures sur le dos, s'est baigné dans des rivières glacées et a dévoré du foie de bison cru.

Le genre de performance dont raffole l'Académie des arts et sciences du cinéma, qui remet les prestigieuses statuettes.

Le fil rouge de la cérémonie restait la virulente polémique sur le manque de diversité à Hollywoood.

Pour la deuxième année de suite, les 20 acteurs finalistes aux Oscars sont blancs.

Le présentateur noir Chris Rock n'a pas mâché ses mots, et parsemé toute la cérémonie de sketches évoquant la frustration des afro-américains face à leur difficulté à obtenir des rôles à Hollywood.

Introduisant "la cérémonie des Oscars, également connue comme les prix des gens blancs", il a plaisanté: "s'ils nominaient les présentateurs, je n'aurais même pas ce travail!".

Plus sérieusement, il a martelé: "Nous. Voulons. Des opportunités. Nous voulons que les acteurs noirs bénéficient des mêmes opportunités".

La présidente de l'Académie Cheryl Boone Isaacs, elle-même Afro-américaine, a assuré sur la chaîne ABC que l'organisation aux plus de 6.200 membres votant, essentiellement des hommes blancs et âgés, avait conscience de sa "responsabilité" et travaillait vers une plus grande ouverture.

Parmi les autres faits marquants de la soirée, Disney a empoché un quatrième Oscar d'affilée pour "Vice Versa", son chef d'oeuvre d'animation sur les émotions qui se bousculent dans la tête d'une petite fille.

Les espoirs de la France reposent sur "Mustang", ode à la liberté sur cinq jeunes filles d'un village de Turquie.

Le film de Deniz Gamze Ergüven, qui a triomphé aux Césars --les prix du cinéma français--, aura toutefois face à lui le magnifique et crépusculaire "Fils de Saul", un autre premier film du Hongrois Laszlo Nemes, sur les juifs forcés de travailler dans les chambres à gaz.

ved/elc