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29/02/2016 11:46 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Pourquoi Bombardier s'engage dans le débat politique?

Il est étonnant de voir une entreprise comme Bombardier s'insérer dans le débat politique. Depuis que je couvre les enjeux économiques, j'ai rarement vu une telle chose.

Un texte de Gérald Fillion

En invitant les chefs de l'opposition à son bureau, le pdg Alain Bellemare fait de la politique. Son partenaire, c'est le gouvernement du Québec et non pas la Coalition avenir Québec (CAQ) ou le Parti québécois (PQ).

Entendons-nous : les dirigeants d'entreprises et les politiciens de tous les partis se parlent et échangent régulièrement. Mais, le fait d'annoncer publiquement des rencontres avec les chefs de la CAQ et du PQ est une participation au débat politique de la part de Bombardier.

Qui plus est, vendredi, après la rencontre entre Alain Bellemare et François Legault et le point de presse du chef de la CAQ, Bombardier a cru bon donner des entrevues pour expliquer que le débat en cours nuisait aux activités de Bombardier.

Non seulement ces déclarations ne viennent pas calmer le débat ou expliquer un enjeu mal compris, elles alimentent les affrontements politiques et la couverture médiatique. Elles donnent de la vie, encore, à l'affrontement politique.

Qu'on soit d'accord ou non avec le fonds de leurs propos, on peut dire que les déclarations de François Legault et de Pierre Karl Péladeau sur Bombardier entretiennent une vue négative de l'entreprise.

Bombardier a sans doute raison de s'en inquiéter. Cela dit, on peut dire aussi qu'en s'engageant dans le débat sur la place publique, Bombardier contribue à son tour à l'étalage de ce qui va et ne va pas avec l'entreprise. L'entreprise donne du carburant au débat politique.

Bombardier va quand même loin : il faut être tous solidaires de Bombardier disait le vice-président aux Affaires publiques John Paul MacDonald vendredi. Il ne dit pas qu'il faut se taire, mais on n'est pas loin. Faut-il le rappeler : Québec injecte 1,3 milliard dans la C Series, Ottawa pourrait en faire autant et la Caisse de dépôt a investi 1,5 milliard de dollars dans Bombardier Transport.

La position de Bombardier, dans ce contexte, est on ne peu plus discutable même si on comprend très bien que certains propos politiques et publics puissent nuire à l'entreprise. C'est tout de même maladroit de la part de Bombardier.

Il serait étonnant que Bombardier fasse quelque gain que ce soit en intervenant dans la joute politique. L'intérêt de Bombardier, c'est de défendre ses activités et ses actionnaires.

L'intérêt des chefs de l'opposition, c'est d'attaquer la position du gouvernement. Pierre Karl Péladeau dit défendre l'intérêt des Québécois dans cette affaire, mais il est clair que le Parti québécois cherche à embêter le gouvernement Couillard, d'autant que l'investissement dans la C Series n'a rien donné pour l'instant. On a même annoncé des pertes d'emplois.