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29/02/2016 06:55 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Migrations: incidents à la frontière gréco-macédonienne, l'UE divisée

Plusieurs centaines de migrants ont tenté lundi de passer en force la frontière entre la Grèce et la Macédoine, avant d'être repoussés à coups de gaz lacrymogènes, illustrant les tensions autour de la fermeture des frontières, un sujet qui divise l'Union européenne.

Plus de 7.000 migrants et réfugiés restaient bloqués lundi au poste grec d'Idomeni après des restrictions imposées par plusieurs pays dont la Macédoine sur le nombre des personnes autorisées à entrer sur leurs territoires.

Alors que dimanche la Macédoine n'avait laissé quasiment aucun migrant traverser, lundi à l'aube, 300 Irakiens et Syriens ont finalement pu entrer en Macédoine.

A la mi-journée, un autre groupe de migrants, dont des femmes et enfants, ont forcé un cordon policier grec et enfoncé une partie de la barrière de barbelés marquant la frontière avec la Macédoine.

Selon Dejana Nedeljkovic, une responsable du ministère de l'Intérieur macédonien, des migrants ont tenté d'entrer de force en Macédoine en cassant une porte métallique. "Un policier macédonien a été blessé et hospitalisé", a-t-elle déclaré à l'AFP, ajoutant que les forces de sécurité macédoniennes avaient riposté en tirant des gaz lacrymogènes pour faire reculer les migrants.

Selon l'ONG Médecins sans frontières, "au moins 30 personnes ont demandé à être soignées, dont de nombreux enfants".

Selon MSF, le nombre actuel de migrants à Idoméni est quatre fois plus élevé que la capacité des deux camps installés près du poste-frontière et de nombreuses personnes doivent dormir dans les champs.

La Macédoine est le premier pays sur la route des Balkans, empruntée par les migrants qui arrivent sur les îles grecques en provenance des côtes turques et veulent rejoindre les pays de l'Europe centrale et du Nord.

- 'discours de haine' -

Après l'Autriche, premier pays à avoir imposé des quotas, la Croatie, la Slovénie, membres de l'UE, ainsi que la Macédoine et la Serbie ont décidé à leur tour la semaine dernière de limiter le nombre de migrants autorisés sur leurs territoires, provoquant des protestations d'Athènes.

A Genève, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a dénoncé le "discours de haine" de certains dirigeants, déplorant que les migrants, déjà traumatisés par les "atrocités" commises dans leur pays, doivent en outre affronter, à leur arrivée en Europe, une "xénophobie" croissante.

La Grèce a averti qu'entre 50.000 et 70.000 personnes risquaient d'être bloquées dans le pays en mars contre 22.000 actuellement.

La chancelière Angela Merkel a regretté dimanche la décision "unilatérale" de l'Autriche, prise avant une réunion ministérielle européenne jeudi dernier à Bruxelles.

"Pouvez-vous sérieusement croire que les pays de (la zone) Euro ont combattu jusqu'au bout pour que la Grèce reste dans l'Euro (...) pour qu'un an plus tard, au final, on laisse pour ainsi dire la Grèce plonger dans le chaos?", a lancé Mme Merkel.

L'Autriche n'a "de leçon à recevoir de personne", a répliqué la ministre de l'Intérieur autrichienne, Johanna Mikl-Leitner, rappelant que c'est l'Allemagne qui, sans l'afficher, a commencé dès décembre à filtrer les migrants à sa frontière autrichienne.

Alors que les dissensions s'exacerbent au sein de l'UE, Mina Andreeva, porte-parole de la Commission européenne, a annoncé lundi qu'"un plan d'urgence était en train d'être élaborer pour aider la Grèce" ainsi que d'autres pays de l'Europe de l'ouest "afin de prévenir une éventuelle crise humanitaire".

A Athènes, une réunion extraordinaire était en cours lundi après-midi entre le ministère de l'Intérieur et l'Union des mairies du pays (Kede) pour gérer le problème d'infrastructures d'accueil. Outre les centres de tri et d'enregistrement (hotspots) installés sur les îles grecques, deux camps d'accueil ont récemment été inaugurés en Grèce continentale, d'une capacité de 2.000 personnes chacun actuellement. D'anciens sites olympiques à Hellinikon, banlieue sud d'Athènes, ont également été mis à la disposition de migrants.

Le ministère grec de la Politique d'immigration a interdit "temporairement" aux médias l'accès à ces camps pour ne pas entraver les travaux en cours.

En France, les autorités ont commencé lundi à démanteler une partie du plus grand camp de migrants du pays, la "Jungle" de Calais (nord) où survivent entre 3.700 et 7.000 personnes, selon les sources.

L'évacuation de la zone sud du camp avait été autorisée jeudi par la justice administrative, avec pour conséquence le rétablissement par la Belgique voisine des contrôles à sa frontière.

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