NOUVELLES
28/02/2016 20:07 EST | Actualisé 28/02/2017 00:12 EST

Marathon record d'obstruction parlementaire en Corée du Sud

Des députés sud-coréens de l'opposition mènent depuis sept jours un marathon d'obstruction parlementaire record pour empêcher l'adoption d'un projet de loi renforçant les pouvoirs des services de renseignement.

Depuis le mardi 23 février, 25 membres des Partis Minjoo et de la Justice se relaient pour monopoliser la parole au Parlement. Lundi, ils avaient parlé plus de 140 heures, se vantant d'avoir battu le record détenu par le Nouveau parti démocratique canadien depuis 2011.

Ils exigent une refonte d'un projet de loi antiterroriste porté par le Saenuri, le parti conservateur au pouvoir, qui autoriserait le Service national du renseignement (NIS) à collecter tout un ensemble de données personnelles, dont les relevés téléphoniques, des personnes soupçonnées de représenter une menace pour la sécurité.

Pour la présidente Park Geun-Hye, la nouvelle législation est nécessaire pour lutter contre les menaces terroristes croissantes, y compris nord-coréennes.

L'opposition argue cependant que ce texte viole le droit à la vie privée et pourra servir à réprimer l'opposition politique.

"Non seulement cette loi donne au NIS le pouvoir sans précédent et illimité d'espionner chacun des aspects de notre vie à notre insu, elle viole aussi la liberté d'expression", a déclaré lundi Hong Jong-Haak durant un discours de cinq heures.

Avant que la Corée du Sud ne se démocratise dans les années 1980, ses services de renseignement avaient la réputation de ne pas hésiter à réprimer l'opposition pendant des décennies de règne autoritaire.

Plus récemment, le NIS a été accusé de plusieurs scandales en particulier électoraux.

De hauts responsables, dont un ancien chef de ce service, ont été reconnus coupables d'avoir organisé une campagne de dénigrement en ligne contre un candidat de l'opposition lors de la présidentielle remportée en 2012 par Mme Park.

D'après l'opposition, la liberté d'expression et de rassemblement s'est considérablement érodée depuis l'arrivée aux manettes de Mme Park, fille de l'ancien président autoritaire Park Chung-Hee, arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat militaire.

jhw/gh/ev/mf