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29/02/2016 09:25 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Le juge Clarence Thomas de la Cour suprême brise 10 ans de silence

WASHINGTON — Le juge Clarence Thomas de la Cour suprême des États-Unis a brisé 10 ans de silence, lundi, lorsqu'il a posé une question durant un procès.

Le dossier à l'étude porte sur une loi fédérale qui interdit aux gens ayant été condamnés pour violence conjugale de posséder une arme. M. Thomas voulait savoir s'il y avait d'autres dossiers où le fait de contrevenir à une loi avait une incidence sur les droits constitutionnels.

Et ça n'a pas été sa seule question: l'échange de quelques minutes a surpris les avocats et les journalistes présents dans la salle.

Il s'agit seulement de la seconde semaine de procédures depuis le décès du juge Antonin Scalia, un ami de M. Thomas et un fervent conservateur comme lui.

Durant sept ans, M. Thomas s'asseyait à côté de M. Scalia, qui était connu pour ses questions agressives. Sa chaise est maintenant recouverte d'un drap noir, pour souligner son décès, le 13 février.

Dans le dossier examiné lundi, le tribunal considère imposer de nouvelles limites sur la portée de la loi de 1996. La cour a accepté d'entendre un appel de deux hommes du Maine qui considèrent que le fait qu'ils ont plaidé coupable à des accusations de violence conjugale ne devrait pas les empêcher de posséder une arme à feu.

Alors qu'il ne restait qu'une dizaine de minutes à la session, l'avocate du département de la Justice, Ilana Eisenstein, a demandé aux juges s'ils avaient d'autres questions. Clarence Thomas l'a alors prise par surprise en demandant si une condamnation pour délit mineur dans toute autre loi entraînait une suspension d'un droit constitutionnel.

Le mutisme inhabituel de M. Thomas a fini par être connu, au fil des ans. Il avait déjà dit qu'il se fiait à des résumés écrits et qu'il n'avait pas besoin de poser des questions aux avocats qui se présentaient en cour.

Sa dernière question en audience remontait au 22 février 2006.