NOUVELLES
29/02/2016 05:51 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

La trêve en Syrie est essentiellement respectée, selon Ban Ki-moon

BEYROUTH — La fragile trêve entrée en vigueur samedi en Syrie est essentiellement respectée, a assuré lundi le secrétaire général des Nations unies, en dépit de quelques violations ici et là.

Une guerre de mots entre le gouvernement syrien et l'Arabie saoudite, qui appuie l'opposition, ajoute aussi à l'incertitude.

Le ministère syrien des Affaires étrangères estime que de récentes déclarations du ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, ne sont rien d'autres que des mensonges pour remonter le moral des rebelles qui essuient défaite après défaite sur le champ de bataille, et qu'elles illustrent le rôle «destructeur» que joue le royaume en Syrie.

Le communiqué de lundi a été publié après que le ministre al-Jubeir eut de nouveau répété que le président syrien Bachar el-Assad n'a aucun avenir en Syrie et qu'il doit quitter le pouvoir, que ce soit pacifiquement ou autrement. M. al-Jubeir a aussi reproché aux forces syriennes d'avoir violé le cessez-le-feu.

S'adressant aux journalistes lundi à Genève, M. Ban a confirmé avoir reçu une lettre du Haut Comité des négociations (HCN), le principal regroupement syrien d'opposition, qui dénonce les multiples violations du régime syrien et de ses alliés russes et iraniens.

La lettre datée de dimanche demande à l'ONU de clarifier le territoire couvert par la trêve de manière à empêcher les hostilités.

L'entente négociée par la Russie et les États-Unis est entrée en vigueur à minuit, vendredi. Elle exclut le groupe armé État islamique et la branche syrienne d'Al-Qaïda, le Front Nousra. Le cessez-le-feu a grandement diminué la violence à travers le pays, fournissant un certain répit aux populations civiles.

Des accusations de violations fusent toutefois de toutes parts et menacent l'entente, dont l'objectif est de relancer les négociations entre le régime syrien et l'opposition à Genève, la semaine prochaine. M. Ban a dit aux journalistes qu'il souhaite que la trêve soit prolongée au-delà des deux semaines prévues.

L'ONU prévoit aussi livrer une aide humanitaire à quelque 154 000 personnes assiégées à travers la Syrie au cours des cinq prochains jours. Une note transmise lundi par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires précise que cette aide sera composée d'aliments, d'eau potable, de produits d'hygiène et de médicaments.

La livraison de cette aide compte parmi les principales revendications de l'opposition avant la reprise possible des pourparlers de paix, le 7 mars.

Un responsable du Croissant-Rouge syrien a dit que des dizaines de camions chargés d'aide sont entrés dans un quartier rebelle assiégé de Damas depuis l'entrée en vigueur de la trêve. La cinquantaine de camions sont notamment chargés de couvertures, de savon et de couches. Il s'agirait du troisième convoi à ravitailler Moadamiyeh au cours des dernières semaines.

Les combats se poursuivaient toutefois lundi dans la région d'Alep, dans le nord du pays.

Le chef du HCN, Riad Hijab, affirme dans la lettre envoyée à M. Ban que les forces syriennes, russes et iraniennes n'ont pas cessé leurs attaques depuis l'entrée en vigueur de la trêve. Il dénombre 24 incidents de bombardements et cinq attaques au sol dans la seule journée de dimanche, notamment contre des rebelles qui respecteraient le cessez-le-feu.

Le ministère français des Affaires étrangères a demandé une rencontre immédiate du comité qui doit surveiller le respect de la trêve. Jean-Marc Ayrault doit s'adresser sous peu au Conseil des droits de l'homme des Nations unies.