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29/02/2016 08:33 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

L'Israélien SodaStream se sépare de ses derniers employés palestiniens

SodaStream, grande entreprise israélienne de boissons, s'est séparée lundi de ses derniers employés palestiniens, après le refus des autorités de prolonger leurs permis de travail en Israël où la compagnie s'est relocalisée à la suite d'une campagne de boycott.

Lundi, la direction de SodaStream, une entreprise spécialisée dans les ingrédients et les machines pour gazéifier les boissons, a annoncé qu'Israël n'a pas renouvelé au-delà du 29 février le permis de travail des 74 Palestiniens travaillant dans son usine de Lehavim (sud).

"Malheureusement, c'est leur dernier jour dans la compagnie", a dit à l'AFP Maayan Nave, un porte-parole de la société.

Aucune explication précise n'a été obtenue des autorités israéliennes quant au refus de prolonger les permis de travail.

Ces 74 employés palestiniens étaient venus travailler en Israël après que SodaStream ait décidé d'y relocaliser son usine de Maale Adoumim, établie dans une des plus grandes colonies de Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

La colonisation israélienne des Territoires palestiniens est considérée comme illégale au regard du droit international.

L'usine de Maale Adoumim avait valu à SodaStream de se retrouver au coeur de la campagne internationale de boycott (BDS, pour Boycott, Désinvestissement, Sanctions) pour obtenir la fin de la colonisation et de l'occupation des Territoires.

La querelle avait gagné une attention internationale considérable début 2014 quand l'entreprise s'était offert les services de l'actrice américaine Scarlett Johansson pour sa promotion.

L'artiste avait elle aussi essuyé les critiques du mouvement international BDS qui qualifiait alors SodaStream de "profiteur de l'occupation" israélienne.

L'entreprise avait fini en octobre 2015 par fermer l'usine de Maale Adoumim qu'elle considérait pourtant comme un "modèle d'intégration" avec 1.300 employés palestiniens, arabes israéliens et juifs, pour la relocaliser à Lehavim.

Cinq cents Palestiniens avaient perdu leur emploi et seuls 74 avaient pu suivre en Israël, selon la direction. Des centaines d'Israéliens ont été recrutés pour faire tourner ce qui est plus grande usine du groupe, où travaillent 1.200 personnes.

- "On formait une famille" -

En quittant l'usine lundi, un des 74 derniers ouvriers palestiniens, Anas Abdul Wadud Ghaïth, essuyait les larmes derrière ses lunettes.

"On formait une famille. Je suis triste parce que je quitte mes amis", a confié le jeune homme de 25 ans dont quatre années passées chez SodaStream.

"Il n'y a pas d'espoir en Palestine, et pas beaucoup de travail", a-t-il ajouté.

Quelques centaines de salariés de l'usine de Lehavim ont manifesté contre l'attitude du gouvernement israélien et formé un signe de paix en solidarité avec leurs anciens collègues.

Le COGAT, organe du ministère de la Défense chargé de coordonner les activités israéliennes dans les Territoires, n'a pas fourni d'explication sur le non-renouvellement des permis.

"Le COGAT a pris de nombreuses mesures pour aider l'usine, il a fourni des permis provisoires à des centaines de travailleurs au cours de l'année et demie écoulée pour rendre le transfert possible", s'est-il borné à souligner dans un communiqué.

- "La faute du gouvernement" -

Selon le COGAT, 58.000 Palestiniens possèdent des permis pour travailler en Israël, et 27.000 autres pour des entreprises israéliennes dans les colonies de Cisjordanie. Ces salariés gagnent en général bien mieux leur vie que dans des entreprises palestiniennes.

Les défenseurs de la cause palestinienne font cependant valoir que les Palestiniens n'ont souvent pas d'autre option que de travailler dans les colonies, étant donné le marasme de l'économie palestinienne, dû en partie selon eux aux restrictions israéliennes.

Maayan Nave, le porte-parole de SodaStream, a dit ne pas croire que le gouvernement ait voulu sanctionner le fait que l'entreprise ait cédé aux pressions du BDS.

Il a assuré que la compagnie continuerait à se battre pour obtenir des permis pour les Palestiniens.

Le PDG de SodaStream, Daniel Birnbaum, a, lui, affirmé que "le BDS n'a rien à voir avec ça", martelant: "c'est la faute du gouvernement".

Le gouvernement "est incapable de surmonter sa propre bureaucratie et son propre entêtement pour résoudre cette énorme difficulté: permettre à 74 gens bien de continuer à faire ce qu'ils faisaient jusqu'alors", a-t-il dit à l'AFP.

SodaStream indique employer plus de 2.000 personnes dans le monde et a réalisé un chiffre d'affaires de plus de 500 millions de dollars (469 millions d'euros) en 2014.

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