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29/02/2016 01:43 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Iran/élections: le président Rohani et ses alliés confortés dans leur politique d'ouverture

Le président iranien modéré Hassan Rohani et ses alliés réformateurs ont été confortés dans leur politique d'ouverture, en parvenant lors d'élections déterminantes à contrebalancer l'influence de leurs adversaires conservateurs, sans toutefois obtenir la majorité au Parlement.

Lors de ces élections législatives et à l'Assemblée des experts qui nomme le guide suprême, ils ont marqué des points importants, sept mois après la conclusion d'un accord entre et l'Iran et les grandes puissances sur son programme nucléaire, qui lui a permis de sortir de l'isolement.

Ainsi, deux figures conservatrices religieuses de l'Assemblée des experts, dont son président l'ayatollah Mohammad Yazdi, et l'ayatollah Mohammad Taghi Mesbah Yazdi, ont été battues à Téhéran.

C'est une victoire pour les réformateurs et modérés qui avaient mené campagne pour les faire battre. Ils n'ont en revanche pas réussi à faire éliminer l'ayatollah Ahmad Janati, le chef du puissant Conseil des gardiens de la constitution, déterminant dans la vie politique iranienne.

L'ancien président modéré Akbar Hachemi Rafsandjani arrive en tête, suivi par le religieux conservateur Mohammad Emami Kashani, et le président Rohani lui-même.

MM. Rafsandjani et Rohani avaient présenté une liste séparée dans le but d'éliminer les figures conservatrices les plus marquantes de l'Assemblée des experts qui reste néanmoins dominée par les conservateurs.

Cette assemblée, élue pour huit ans, pourrait être amenée à jouer un rôle essentiel au cours de son mandat, le guide suprême actuel, Ali Khamenei, étant âgé de 76 ans.

L'ayatollah Sadegh Larijani, nommé par le guide, qui dirige l'autorité judiciaire d'Iran, a été réélu à l'assemblée.

Il a dénoncé ceux qui ont "essayé de manière coordonnée avec les médias américains, britanniques (...) de faire éliminer certains serviteurs du peuple de l'Assemblée des experts".

Des médias conservateurs ont accusé ces dernières semaines des médias étrangers en persan, en particulier la BBC, d'appuyer la campagne des réformateurs pour éliminer les personnalités conservatrices.

- Parlement sans majorité -

Aux législatives, dont les chiffres définitifs n'avaient toujours pas été publiés lundi trois jours après les élections, les réformateurs et les modérés peuvent également être satisfaits, même s'ils n'obtiendront pas la majorité au Parlement (290 sièges), pas plus que les conservateurs.

Leur percée est particulièrement significative à Téhéran où ils raflent les 30 sièges, détenus jusqu'alors par les conservateurs.

En revanche, en province, les conservateurs arrivent en tête, mais les plus radicaux d'entre eux qui avaient combattu l'accord nucléaire, ont été éliminés.

Selon des résultats partiels portant sur 259 sièges, il y a 93 conservateurs, 89 réformateurs (Téhéran inclu), 11 indépendants dont la tendance politique est encore inconnue. Il faut y ajouter 4 conservateurs modérés ayant été soutenus par les réformateurs et 5 représentants des minorités religieuses qui n'ont généralement pas d'affiliation politique.

Un second tour sera organisé en avril ou mai pour au moins 57 sièges.

Les réformateurs, qui avaient en partie boycotté les législatives de 2012, n'avaient qu'une trentaine de députés - contre environ 200 aux conservateurs - dans le Parlement sortant. Ils en auront au moins trois fois plus dans la prochaine assemblée.

La plupart des personnalités connues du camp réformateur avaient été écartées de la course par le Conseil des gardiens de la constitution qui a un droit de veto sur les candidats.

Mais, avec des candidats peu connus, les réformateurs ont néanmoins pu être présents dans un grand nombre de circonscriptions de province, en s'alliant aux modérés.

Le Parlement comptera au moins quatorze femmes, en majorité du camp pro-Rohani, contre neuf auparavant, toutes conservatrices.

Le président Rohani avait misé sur l'accord nucléaire entré en vigueur à la mi-janvier, en même temps que la levée d'une grande partie des sanctions internationales, pour obtenir un maximum de députés au Parlement.

Il entend mettre en place une série de réformes économiques et sociales avant la fin de son premier mandat de quatre ans, en 2017. Sauf surprise, il devrait se représenter pour un second et dernier mandat.

Les trois derniers présidents iraniens, le modéré Akbar Hachemi Rafsandjani (1989-1997), le réformateur Mohammad Khatami (1997-2005) et le conservateur Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013) avaient obtenu la majorité au Parlement après leur arrivée au pouvoir.

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