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29/02/2016 13:29 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Haïti: manifestation des partisans de l'ancien président Aristide

Plusieurs centaines de partisans de l'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide ont manifesté lundi à Port-au-Prince pour commémorer l'anniversaire de son départ en exil, en 2004, et pour dénoncer l'ingérence internationale.

Au XIXe siècle, Haïti, première république noire de l'histoire a dû, pour obtenir sa reconnaissance sur la scène diplomatique, payer des indemnités aux anciens colons français pour compenser leur perte de revenus. Une somme estimée aujourd'hui à 17 milliards d'euros que beaucoup d'Haïtiens voudraient récupérer.

"Jean-Bertrand Aristide avait demandé à la France de restituer l'argent qu'Haïti avait payé pour son indépendance. C'est pour ça qu'ils ont fait un coup d'Etat contre Aristide. Aujourd'hui, nous voulons que la France nous rende cet argent", a affirmé un des manifestants, Charles-Bertrand Abdonel.

Les partisans de l'ancien prêtre des bidonvilles devenu président ont également défilé dans les rues de la capitale pour réclamer le respect de leur vote.

Lors du premier tour du scrutin présidentiel le 25 octobre, le candidat du pouvoir, Jovenel Moïse, a recueilli 32,76% des voix, contre 25,29% pour Jude Célestin, qui a qualifié ces scores de "farce ridicule". Depuis l'annonce des résultats et jusqu'au report sine die du second tour, l'opposition a multiplié les manifestations pour dénoncer un "coup d'Etat électoral".

"En 2004, ils ont enlevé le leader charismatique du peuple. Aujourd'hui encore, la communauté internationale a voulu nous voler, en ne respectant pas notre vote", a dénoncé un autre manifestant, Jacques Ronel, qui accuse la France et les Etats-Unis de "magouilles pour piller le pays".

Avant la reprise du processus électoral, les partisans de l'ancien président réclament donc la mise sur pied d'une commission indépendante de vérification des résultats de l'élection présidentielle.

Pour combler le vide institutionnel, le parlement haïtien a élu le 14 février Jocelerme Privert comme président intérimaire.

Durant son mandat, limité à 120 jours, il a pour mission de faire aboutir le processus électoral mais le consensus politique nécessaire à cette lourde tâche est déjà compromis car les sympathisants de l'ancien président Michel Martelly, et notamment l'ancien Premier ministre Evans Paul, contestent déjà le pouvoir de Jocelerme Privert.

amb/bdx