NOUVELLES
29/02/2016 05:57 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Gabon: Ali Bongo Ondimba candidat à un deuxième mandat contre les "privilèges indus"

Le chef de l'Etat gabonais Ali Bongo Ondimba a annoncé lundi qu'il sera candidat à un deuxième mandat à la présidentielle prévue au second semestre 2016, promettant de lutter contre les "privilèges indus" engendrés au fil des décennies par une économie de rente pétrolière.

"Je vous annonce ma candidature à l'élection présidentielle de cette année", a-t-il déclaré dans une allocution solennelle retransmise par la télévision nationale.

Le chef de l'Etat était accompagné de son épouse Sylvia et entouré d'ouvriers sur un pont en construction auquel était accroché une banderole proclamant "changeons ensemble", dans la localité forestière d'Ozouri (sud). La date exacte du scrutin n'a pas été annoncée.

Elu en 2009 après le décès de son père Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 1967, le président gabonais a assuré vouloir, lors d'un deuxième septennat, - avec un "programme pour l'égalité des chances" - "lutter avec détermination contre les privilèges indus et bâtir un meilleur vivre ensemble fondé sur l'inclusion, la méritocratie et la solidarité".

Il a également promis d'oeuvrer pour "passer d'une économie de rente à une économie diversifiée". Le Gabon tire l'essentiel de ses ressources de la production pétrolière, même si la production stagne depuis des années et que le prix du baril a drastiquement chuté.

Souvent qualifié d'"émirat du golfe de Guinée", le Gabon a une population d'environ 1,7 million d'habitants. Mais plus d'un tiers de foyers sont très pauvres et vivent dans des logements insalubres, exposés à nombre de maladies.

C'est dans la zone d'Ozouri, à une vingtaine de kilomètres de Port-Gentil, la capitale pétrolière du pays, que la première découverte de brut fut effectuée en 1956 par une compagnie pétrolière française qui devint ensuite Elf, elle même absorbée par Total dans les années 1990.

-'Rien ne m'a été épargné'-

Dénonçant le "système de privilèges indus" qu'a engendré la rente pétrolière au fil des décennies, M. Bongo Ondimba a ajouté que "rien ne m'a été épargné par les adversaires du changement", allusion directe aux opposants - dont bon nombre sont d'anciens caciques du régime de son père - qui l'accusent d'être un enfant adoptif, né au Nigeria.

Une plainte pour "faux" sur son acte de naissance, déposée en France par sa demi-soeur et l'une des héritières d'Omar Bongo Ondimba, a été classée sans suite lundi.

Cette polémique entre partisans et opposants du pouvoir actuel s'étale depuis bientôt un an dans la presse gabonaise.

La présidence a régulièrement démenti de telles assertions et a porté l'affaire en justice. Et le chef de l'Etat a relevé non sans ironie qu'il connaissait de l'intérieur ce système de "privilèges indus" pour avoir longuement travaillé aux côtés de son père.

Sans jamais le citer, ces remarques visaient notamment l'ancien président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, longtemps un des plus proches collaborateurs d'Omar Bongo et qui a rompu avec fracas avec l'actuel régime pour se poser en pourfendeur du "système Bongo".

Depuis l'arrivée au pouvoir d'Omar Bongo, en 1967, la famille Bongo dirige le pays depuis près de 50 ans.

M. Ping a d'ores et déjà annoncé sa candidature à la présidentielle, prenant de vitesse une partie de l'opposition qui voulait une candidature unique face au sortant. Le mode de scrutin prévoir un seul tour, celui qui arrive en tête est élu, et une multiplication des candidatures de l'opposition diminue ses chances de succès.

Berceau du pétrole gabonais, Ozouri est aussi toute proche d'Omboué, localité dont est originaire M. Ping.

Dressant le bilan de son premier mandat, M. Bongo Ondimba a jugé qu'en "six ans nous avons fait un bond en avant", en citant la généralisation progressive de la protection sociale, ou la timide diversification de l'économie.

Il a enfin promis de "tirer sans complaisance les leço0ns de tout ce qui n'a pas été" concluant et de faire du Gabon une "société plus juste".

mc/jpc/jlb