NOUVELLES
29/02/2016 02:12 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

France: l'exécutif reporte un projet controversé de réforme du droit du travail

L'exécutif socialiste français va reporter "d'une quinzaine de jours" la présentation en Conseil des ministres d'un projet de réforme du code du travail vivement contesté par des syndicats et une partie de la gauche, a déclaré lundi le Premier ministre Manuel Valls.

Ce projet, l'une des dernières grandes réformes du mandat du président François Hollande avant la présidentielle de 2017, vise à faciliter le licenciement économique et assouplir la durée du travail. Son adoption en Conseil des ministres était initialement prévue le 9 mars.

"Se donner quelques jours de plus pour réussir l'adoption d'un texte est (le signe d') une très grande volonté d'écoute. Le recul, ce serait abandonner le texte", a déclaré le Premier ministre à des journalistes.

Le président socialiste, très impopulaire, cherche par cette réforme à instaurer "une flexi-sécurité à la française", en apportant davantage de "souplesse" aux entreprises en matière d'embauche et de licenciement, tout en maintenant la sécurité des salariés.

L'aménagement du temps de travail ou le taux de rémunération des heures supplémentaires, toujours encadrés par la loi, devront par exemple être décidés par des accords d'entreprises.

Les licenciements pour motifs économiques seront également facilités. L'objectif est de lever la peur de l'embauche chez les chefs d'entreprise, dans un contexte marqué par un chômage de plus de 10%.

François Hollande a fait de la baisse du chômage la condition de sa candidature pour un second mandat. Or depuis son élection en mai 2012, les demandeurs d'emploi sont passés de 4,4 millions à 5,5 millions.

Salué par le patronat, le projet provoque de profondes divisions à gauche, jusqu'au sein même du gouvernement. Les syndicats sont aussi vent debout contre la réforme, qui doit selon eux être rediscutée.

Une pétition sur internet baptisée "Loi travail, non merci!", a en outre battu des records de signatures en France en aussi peu de temps, avec plus de 730.000 signataires recensés dimanche.

frd/blb/prh/pt