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29/02/2016 16:22 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Donald Trump et Hillary Clinton veulent maintenir leur élan

VALDOSTA, Ga. — A la veille des primaires cruciales de mardi, des nouveaux camps divisent les républicains: ceux qui se sont engagés à appuyer Donald Trump s'il devient candidat du parti en novembre et ceux qui répètent qu'ils ne voteront jamais pour lui.

La fissure pourrait avoir de sérieuses répercussions sur le parti et son unité, peu importe qui obtiendra l'investiture républicaine.

Donald Trump a déjà enlevé trois des quatre primaires disputées jusqu'à maintenant. Son élan sidère les bonzes du parti qui croyait que la popularité du politicien populiste s'estomperait. Or sa puissance s'accroît de jour en jour. Il fait maintenant figure de favori.

Les républicains se rendront aux urnes dans 11 États, mardi. A l'enjeu: 595 délégués. Un candidat a besoin d'avoir 1237 délégués pour espérer enlever l'investiture de son parti au congrès de juillet.

Si M. Trump sort vainqueur dans une majorité d'États, il sera difficile à rattraper. Le sénateur texan Ted Cruz espère bien remporter la victoire dans son État pour demeurer dans la course tandis que son collègue Marco Rubio entend ne pas se laisser distancer avant les primaires de la Floride, le 15 mars.

Du côté démocrate, Hillary Clinton compte bien consolider son avance. Une forte performance mardi pourrait lui permettre de distancer pour de bon son adversaire Bernie Sanders. Les démocrates de 11 États et des Samoa américaines — un territoire américain non incorporé situé en Océanie — se rendront aux urnes, mardi. Pas moins de 865 délégués seront en jeu.

Depuis sa victoire décisive en Caroline du Sud, samedi, Mme Clinton ne fait presque plus référence à son rival, concentrant ses attaques sur Donald Trump. De son côté, le sénateur du Vermon demeure ferme sur son message socio-économique et veut mettre sa défaite derrière lui.

L'équipe de Mme Clinton se préoccupe également de l'unité du parti. Elle veut éviter de s'aliéner les partisans de M. Sanders, sachant qu'elle aura besoin d'eux pour remporter la présidentielle. Elle compte aussi galvaniser les militants démocrates en invoquant le plus possible Donald Trump, un homme haï au sein du parti.

Un parti divisé

L'unité peut causer des problèmes aux républicains.

Ben Sasse, une étoile montante au sein du parti, est devenu le premier membre du Sénat à soulever la possibilité d'appuyer un candidat indépendant si Donald Trump obtenait l'investiture. «Si mon parti ne défend plus les choses auxquelles nous croyons, alors les gens de bonne conscience doit cesser de l'appuyer tant et aussi longtemps qu'il ne se réformera pas», a-t-il écrit.

D'autres républicains ne sont pas aussi explicites mais laissent planer cette possibilité. Le refus de politicien populiste de désavouer immédiatement l'appui que lui a donné un ancien dirigeant du groupe raciste Ku Klux Klan, David Duke, en a outré plusieurs.

Ainsi de Mitt Romney, le candidat du parti en 2012, qui estime que cela disqualifie Donald Trump. La gouverneure de la Caroline du Sud, Nikki Haley, menant campagne en Géorgie aux côté de M. Rubio, a déclaré qu'elle «ne cessera pas de combattre un homme qui refuse de condamner le KKK».

Donald Trump a tenté de se défendre en affirmant qu'il n'avait pas bien compris la question que lui avait posée un journaliste de la chaîne CNN. Il s'est repris plus tard en refusant le soutien de Duke. «Combien de fois devrais-je condamner quelqu'un ?», a-t-il demandé.

Plusieurs républicains renommés et journalistes conservateurs appuient une campagne anti-Trump qui a fait éruption sur les réseaux sociaux. Le mot-clic de ralliement est «NeverTrump».

L'Associated Press a demandé à des élus républicains de l'ensemble du pays s'ils appuieront M. Trump s'il obtenait la candidature du parti. Un peu moins de la moitié des répondants refusent de s'engager à le soutenir.

«Je suis de plus en plus préoccupé par les déclarations et le comportement de Donald Trump. Je doute sérieusement de ses capacités à gagner une élection générale et à assurer un leadership présidentiel», a écrit le sénateur de l'Indiana Dan Coats dans un communiqué remis à AP.

Les tensions ont monté d'un cran au cours d'un rassemblement de Donald Trump en Virginie au cours duquel le populiste a été interrompu à de nombreuses reprises par des manifestants. Il a même demandé à l'un d'entre eux s'il venait du Mexique. Après avoir ordonné l'expulsion de nombreux manifestants, il s'est décrit comme un rassembleur.