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29/02/2016 04:18 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Désastre de Fukushima: trois patrons de Tepco sont accusés de négligence

TOKYO — Trois anciens patrons de la firme japonaise Tepco ont été accusés lundi de négligence en lien avec la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Les trois hommes sont les premiers dirigeants de la compagnie à faire l'objet d'accusations criminelles.

Cinq avocats nommés par le tribunal ont accusé Tsunehisa Katsumata, qui était le patron de Tepco au moment de la catastrophe, et deux autres anciens patrons de négligence professionnelle. Les trois individus n'ont pas été arrêtés.

Un comité judiciaire de 11 membres avait décidé, en juillet, d'envoyer les trois hommes devant la justice criminelle après que les procureurs aient fermé le dossier à deux reprises, en estimant qu'ils ne disposaient pas de preuves suffisantes pour déposer des accusations.

Au Japon, un comité judiciaire nommé par la cour décide si les procureurs doivent ou non déposer des accusations criminelles.

La démonstration d'une responsabilité criminelle en lien avec la catastrophe de Fukushima pourrait être complexe, mais plusieurs personnes — dont des résidants de la zone irradiée — espère que le procès permettra de jeter un nouvel éclairage sur cet accident et sur le rôle de Tepco.

Trois réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima ont implosé après avoir été endommagés par le séisme de mars 2011 et le tsunami qui a suivi. Les quantités énormes de radiation relâchées dans l'environnement ont entraîné l'évacuation de dizaines de milliers de personnes.

La mise en accusation affirme que M. Katsumata, l'ancien vice-président Sakae Muto et le conseiller technique Ichiro Takekuro n'ont pas pris les mesures adéquates en prévision et en réponse au tsunami, ce qui a entraîné la mort de 44 personnes âgées qui étaient hospitalisées au moment de l'évacuation et des blessures à 13 soldats mobilisés pour la situation, selon l'agence de presse Kyodo.

Les trois hommes ont répliqué qu'il était tout simplement impossible de prédire un tsunami d'une telle envergure.

Le comité judiciaire a affirmé en juillet que les trois patrons savaient dès 2009 que la centrale de Fukushima était menacée par un tsunami. Tepco et des dirigeants gouvernementaux rappellent que la radiation relâchée n'est directement responsable d'aucun décès.

La totalité des 43 réacteurs nucléaires du Japon avaient été mis hors service après la catastrophe. Seulement quatre ont depuis été redémarrés, les autres faisant toujours l'objet de réparations et de vérifications.