NOUVELLES
29/02/2016 13:46 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Colombie: plus de 600 déplacés fuient le Clan Usuga dans l'ouest

Plus de 600 déplacés sont arrivés dans une localité d'une zone rurale de l'ouest de la Colombie après une semaine de violences causées par le Clan Usuga, principal gang du pays, a annoncé lundi la Défenseur du peuple de ce pays.

"Le dernier rapport (...) chiffre le nombre de déplacés à Pie de Pato, le chef-lieu d'Alto Baudo (département du Choco), à 641 personnes, soit 130 familles", a indiqué dans un communiqué l'institution qui veille à la protection des droits fondamentaux en Colombie.

Les déplacés sont des Colombiens d'origine africaine et des indigènes formant des communautés rurales du Choco, une région forestière et reculée du pays où sévissent des groupes armés.

La médiatrice avait alerté vendredi sur le déplacement forcé d'un premier groupe de 166 personnes et le confinement de 900 autres par crainte d'affrontements entre le Clan Usuga, qui a élargi son territoire depuis la municipalité voisine de Nuqui, sur l'océan Pacifique, et la guérilla marxiste-léniniste de l'ELN (Armée de libération nationale), également présente dans la région.

"On nous rapporte un repli apparent du Clan Usuga, lié au fait que la force publique soit présente dans la zone", a ajouté la Défenseur.

L'institution a détecté l'arrivée de ce groupe criminel à Alto Baudo le 23 février. Depuis, le gang se livre à des "intimidations et menaces" contre la population, selon elle.

Le Clan Usuga a émergé après la démobilisation massive des milices paramilitaires d'extrême droite, encouragée entre 2003 et 2006 sous la présidence d'Alvaro Uribe.

Certains paramilitaires ont alors formé des bandes criminelles, spécialisées dans le trafic de drogue ou l'exploitation minière illégale. Le Clan Usuga, du nom de son chef Dairo Antonio Usuga, alias "Otoniel", est alors devenu une des bandes criminelles les plus redoutées de Colombie.

La Colombie est déchirée depuis plus d'un demi-siècle par un conflit armé qui a fait au moins 220.000 morts et des dizaines de milliers de disparus, et qui a impliqué, au fil des décennies, guérillas d'extrême gauche, paramilitaires d'extrême droite et forces armées, sur fond d'intense trafic de drogue.

atm/ad/dg/pyv/fjb