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29/02/2016 09:49 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Argentine: fin d'un vieux litige, gain mirobolant pour les fonds "vautours"

L'accord de principe conclu à New York entre Buenos Aires et des fonds d'investissement consacre la puissance de ces derniers, dont certains avaient acheté des titres de dettes en défaut et vont donc réaliser une plus-value considérable.

Le médiateur n'a pas encore précisé le montant finalement alloué à NML, l'un de ces fonds, mais cette somme devrait s'élever à plusieurs centaines de millions de dollars, pour un investissement initial de 48 millions de dollars en 2008, selon les autorités argentines.

En 2014, le ministre argentin de l'Economie avait affirmé que le jugement du juge Thomas Griesa octroyait à NML 832 millions de dollars. Depuis, le montant de la condamnation a augmenté d'environ 30% du fait des intérêts, et l'Argentine a accepté une décote de 25%.

Alors que 93% des créanciers privés ont consenti une décote de 70% à l'issue des restructuration de la dette de 2005 et 2010, pour favoriser un redressement de l'Argentine, les fonds spéculatifs obtiennent un traitement plus avantageux.

Les fonds comme NML sont baptisés "fonds vautours" car ils achètent à prix cassé de la dette d'un pays en défaut de paiement avant d'entreprendre des actions en justice pour en tirer de juteux bénéfices.

Après plusieurs années de procédure judiciaire, les fonds NML et Aurelius, détenteurs d'environ 1% de la dette argentine, ont obtenu en 2012 gain de cause auprès d'un tribunal de New York. Fait rare, l'Argentine a été sommée de payer 100% de la valeur des bons, alors que les décotes sont monnaie courante après un défaut de paiement.

La décision du juge Griesa était confirmée en 2014 par la Cour suprême des Etats-Unis.

Mettant en avant que les créanciers devaient être remboursés selon le même régime, l'ex-présidente Cristina Kirchner avait refusé d'appliquer le jugement.

Alors que tout compromis semblait impossible pendant la gouvernance de Nestor et Cristina Kirchner, l'élection de Mauricio Macri, un politicien de centre-droit, a changé la donne. Il avait promis durant sa campagne électorale qu'il chercherait à parvenir à un accord pour repositionner l'Argentine sur les marchés internationaux de capitaux.

L'accord permettra aussi à l'Argentine de reprendre les remboursements aux créanciers restructurés, bloqués depuis juillet 2014 par le juge Griesa, qui ont payé les pots cassés après le refus de Buenos Aires d'appliquer la décision du magistrat américain.

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