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29/02/2016 08:30 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Argentine contre fonds "vautours": les acteurs-clés de la saga

Des investisseurs sans états d'âme, un président de centre-droit fraîchement élu et un juge retraité: le litige entre l'Argentine et les "fonds vautours" s'est dénoué grâce à un compromis entre trois acteurs-clés de cette saga judiciaire.

PAUL SINGER, L'INVESTISSEUR "VAUTOUR"

A 71 ans, cet investisseur sans états d'âmes a été pendant plusieurs années le principal tenant de la ligne dure face à Buenos Aires, exigeant le remboursement intégral de titres de dette pourtant achetés à prix cassés après la faillite du pays de 2001.

A la tête du fonds NML, ce milliardaire à la fine barbe blanche n'a jamais hésité à s'en prendre aux politiques économiques, selon lui, "affreuses" menées en Argentine par l'ancienne présidente du pays Cristina Kirchner. Buenos Aires lui réservait en, retour, une farouche détestation.

Cultivant le plus grand secret sur ses activités, M. Singer n'a en revanche jamais fait mystère de ses convictions républicaines et a aujourd'hui pris fait et cause pour Marco Rubio dans la course à la Maison Blanche.

ll a toutefois défendu des positions à revers de sa famille politique, en plaidant pour le mariage gay ou en réclamant une régulation bancaire plus stricte.

THOMAS GRIESA, LE VIEUX JUGE

Agé de 85 ans, ce juge new-yorkais est sorti de sa retraite dans son ranch du Nevada pour tenter de démêler cet inextricable contentieux qui mêle droit des obligations, souverainenté nationale et diplomatie.

Nommé par Richard Nixon en 1972, ce magistrat avait rendu un jugement hautement controversé en 2012 en donnant gain de cause aux fonds spéculatifs et en ordonnant à l'Argentine de les rembourser intégralement et prioritairement.

L'ancienne présidente Kirchner avait alors accusé l'octogénaire de ne pas "respecter la loi" tandis que le New York Times estimait que ses décisions minaient la "confiance dans le système judiciaire américain".

Accusé de partialité, le juge avait toutefois récemment adopté une position plus conciliante avec l'Argentine en envisageant de lever l'injonction empêchant le pays de payer ses créanciers ayant accepté une décote.

Pendant des années, l'Argentine "n'a jamais cherché à négocier un règlement du litige. Mais tout ça a changé", avait alors assuré M. Griesa en se référant à l'alternance politique à Buenos Aires.

MAURICIO MACRI, LE NOUVEAU PRESIDENT

Elu à la tête de l'Argentine en décembre, cet homme d'affaires millionnaire a radicalement rompu avec sa prédécesseure dans sa gestion du contentieux sur la dette.

Là où Cristina Kirchner se montrait intraitable et belliqueuse, cet ancien président du club de foot de Boca Juniors a ouvert les négociations à peine élu, dans l'espoir de redorer le blason de son pays sur la scène économique.

Afin de régler ce conflit -- une de ses priorités politiques --, son gouvernement a proposé de rembourser 6,5 milliards de dollars à ses créanciers les plus récalcitrants, sur un passif total de 9 milliards de dollars.

"Nous avons l'impression d'avoir fait un énorme effort. Nous avons démontré sérieux et cohérence pour en terminer avec ce conflit", avait récemment déclaré cet ancien maire de Buenos Aires, âgé de 57 ans, à l'AFP.

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