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29/02/2016 08:01 EST | Actualisé 01/03/2017 00:12 EST

Agressions sexuelles: un conseiller du pape passe aux aveux

ROME — Un des principaux conseillers du pape François a admis avoir eu vent d'allégations d'«activité pédophile» de la part d'un enseignant catholique dans les années 1970.

Le cardinal australien George Pell a toutefois précisé qu'il ne savait rien, à l'époque, de l'ampleur des crimes qui sont aujourd'hui reprochés au clergé.

Il a fait ces commentaires devant une commission d'enquête australienne, en réponse aux questions de la procureure Gail Furness. Le cardinal Pell a témoigné par vidéoconférence depuis Rome, dans la nuit de dimanche à lundi, puisque son état de santé ne lui permettait pas de rentrer à Sydney pour les audiences.

Le cardinal Pell a reconnu que l'Église catholique «a commis des erreurs énormes» en permettant à des milliers d'enfants d'être agressés et violés par des prêtres.

Le cardinal est soupçonné d'avoir fermé les yeux sur les agissements du frère Edward Dolan, un enseignant du collège St. Patrick de la ville australienne de Ballarat. Des dizaines d'enfants ont été agressés dans cette ville, dont plusieurs qui se sont ensuite enlevé la vie.

Dowlan a éventuellement été condamné à six ans de prison pour avoir agressé sexuellement 20 garçons.

Le cardinal Pell, qui est aujourd'hui le principal conseiller financier du pape François, a de nouveau nié avoir été au courant des agissement de Dowlan. Il a reconnu avoir entendu «une ou deux remarques passagères» concernant les «mauvais comportements» de Dowlan dans les années 1970 «qui, selon moi, aurait pu être une activité pédophile».

Il a ensuite ajouté ne pas avoir su le nom des victimes, qu'il y avait plusieurs victimes ou que les crimes de Dowlan étaient bien connus à l'école.

Le cardinal Pell a également reconnu qu'il savait qu'un autre religieux, le frère Leo Fitzgerald, aimait se baigner nu avec des garçons. Des paroissiens lui avaient aussi raconté que Fitzgerald avait l'habitude d'embrasser les garçons, mais le cardinal a dit avoir cru que ces baisers n'étaient pas de nature sexuelle.

«C'était certainement inhabituel, mais (...) personne n'a dit que nous devrions nous en occuper», a-t-il dit.

Le cardinal Pell n'occupait pas une position d'autorité au sein de l'Église au moment du scandale de Ballarat, mais Mme Furness a présenté des preuves qui démontrent que plusieurs membres de son entourage savaient. Le cardinal était à ce moment un conseiller de l'évêque Ronald Mulkearns, qui a déplacé le pire prêtre pédophile de l'histoire de l'Australie — Gerald Ridsdale — de paroisse en paroisse pendant plusieurs années.

Le cardinal Pell nie avoir été impliqué dans ces transferts. Il a dit que la gestion de l'affaire par l'évêque Mulkearns a été une «catastrophe pour l'Église» et que ce dernier devrait comparaître devant le tribunal que le Vatican veut créer pour entendre les évêques soupçonnés de négligence, mais rien ne permet de croire que l'homme âgé comparaîtra quand le tribunal entamera finalement ses audiences.

Le cardinal Pell a enfin reconnu ses propres erreurs, quand il a admis qu'il avait fortement tendance à croire les prêtres au détriment des victimes.