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28/02/2016 04:57 EST | Actualisé 28/02/2017 00:12 EST

Yémen: un religieux salafiste tué à Aden

Un religieux salafiste yéménite, cheikh Abderrahman al-Adani, a été tué dimanche à Aden, la grande ville du sud, théâtre de violences attribuées à des jihadistes, selon un responsable des services de sécurité.

Cheikh Adani, président du centre al-Fiouch, une école coranique fréquentée par des étudiants yéménites et étrangers, a été la cible de tirs d'hommes armés circulant en voiture à sa sortie de sa maison dans la nord de la ville d'Aden, a précisé la même source.

Blessé, l'homme est décédé à l'hôpital où il a été transporté, selon cette source.

Cheikh Adani était "connu pour son opposition à la violence et au terrorisme", a indiqué un spécialiste des groupes islamistes au Yémen, Zeid al-Sallami, ajoutant que les commanditaires de son meurtre cherchaient à "pousser les salafistes modérés vers la violence".

Les attaques armées et les attentats, qui se sont multipliés ces derniers mois à Aden et dans le sud du Yémen plus généralement, ont visé jusqu'ici des cadres de l'armée et des forces de sécurité.

Ces attaques ont été revendiquées ou attribuées à des jihadistes d'Al-Qaïda et du groupe Etat islamique (EI), qui ont profité de l'effondrement de l'Etat pour renforcer leur présence dans les provinces du sud.

Par ailleurs, de violents accrochages ont opposé dimanche à l'entrée principale du palais présidentiel à Crater, un quartier d'Aden, la garde présidentielle et des soldats venus réclamer leurs soldes, selon un responsable provincial.

Les combats à l'arme automatique se sont étendus à des quartiers résidentiels proches, semant la panique parmi la population, ont indiqué des habitants.

Des militaires de la coalition arabe ont dû intervenir pour épauler la garde présidentielle alors que des renforts en hommes armés étaient acheminés dans le secteur pour prêter forte aux mutins, selon des témoins et des sources de sécurité.

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui s'était installé l'an dernier au palais d'Aden, se trouvait depuis plusieurs jours en Arabie saoudite, lieu de refuge de plusieurs membres de son gouvernement.

Le royaume saoudien dirige la coalition militaire arabe, intervenue en mars 2015 au Yémen pour combattre les rebelles chiites Houthis, soutenus par l'Iran.

Aden, deuxième ville du Yémen, a été déclarée l'an dernier "capitale provisoire" du Yémen par le gouvernement de M. Hadi reconnu par la communauté internationale, alors que des rebelles chiites Houthis contrôlent la capitale Sanaa et une bonne partie du nord du pays.

bur-faw-mou/tm/mer