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28/02/2016 07:42 EST | Actualisé 28/02/2017 00:12 EST

Syrie: Ryad accuse la Russie et le régime de Damas de violer la trêve (ministre)

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a accusé dimanche la Russie et le régime du président Bachar al-Assad de "violer la trêve" en Syrie.

"Il y a des violations de la trêve de la part de l'aviation russe et de l'aviation du régime syrien", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Ryad avec le ministre danois des Affaires étrangères.

"Nous sommes en train de discuter de cette question avec les pays du Groupe international de soutien à la Syrie", a-t-il ajouté le ministre dont le pays soutient l'opposition syrienne.

L'opposition syrienne a affirmé dimanche que la cessation des hostilités en Syrie avait été violée quinze fois par le régime de Damas et ses alliés samedi, au premier jour de son entrée en vigueur.

"Il y a eu, au premier jour (de la trêve), quinze violations par les forces pro-régime, dont deux par le (mouvement chiite libanais) Hezbollah à Zabadani", à l'ouest de Damas, a déclaré un porte-parole du Haut comité des négociations (HCN) à des journalistes, dont un de l'AFP, par téléphone depuis Ryad où est basée cette instance rassemblant les principaux groupes politiques et armés de l'opposition syrienne.

Salem al-Meslet a précisé que le HCN allait envoyer une plainte formelle à l'émissaire des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura, au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et aux ministres des Affaires étrangères du Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG), à l'exception de ceux de Russie et de l'Iran, alliés du régime.

De son côté, l'armée russe a indiqué dimanche que le cessez-le-feu avait été violé neuf fois au cours des dernières 24 heures, estimant que "d'une manière générale, le cessez-le-feu en Syrie (était) en train d'être mis en place".

M. Jubeir a noté qu'il y avait un "différend" entre la Russie et le Groupe de soutien à la Syrie sur les termes de la trêve.

Selon lui, les Russes s'en prennent à l'"opposition modérée" en affirmant cibler Al-Nosra et le groupe Etat islamique (EI).

Le cessez-le-feu, dont les modalités ont été établies par Moscou et Washington et acceptées par Damas, exclut les groupes jihadistes EI et Al-Nosra, qui contrôlent plus de 50% du territoire syrien.

Le ministre saoudien a ajouté que l'émissaire de l'ONU était "en contact avec les Russes et le régime syrien pour élaborer une entente destinée à limiter les opérations contre l'opposition modérée (...) et à les concentrer sur l'EI et Al-Nosra".

"Les choses vont s'éclaircir dans les prochains jours sur la volonté ou non du régime syrien et de la Russie de respecter le cessez-le-feu", a-t-il poursuivi.

Le ministre saoudien a rappelé que les pays soutenant l'opposition syrienne avaient une "alternative", en cas d'échec de la trêve et d'une transition politique en Syrie excluant le président Assad, en référence à un plan "B" qui avait été récemment évoqué par le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov a vivement réagi à ce dernier point.

"Cette déclaration est tout à fait contraire aux décisions du Conseil de sécurité de l'ONU", a dénoncé M. Bogdanov, cité par l'agence de presse russe Interfax.

"Nous avons tous dit qu'il n'existe pas de plan B. Nous devons, ensemble, mettre en place ce que nous avons tous décidé", a-t-il ajouté.

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