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28/02/2016 02:38 EST | Actualisé 28/02/2017 00:12 EST

Syrie: raids dans le nord mais la trêve observée au deuxième jour

Des raids ont visé dimanche à l'aube sept villages du nord et du centre de la Syrie mais ailleurs la trêve initiée par les Etats-Unis et la Russie était respectée au deuxième jour de son entrée en vigueur.

Dans les grandes villes, les habitants sont sortis dimanche matin après une nuit paisible pour faire leurs emplettes, goûtant au calme inhabituel, et dans les quartier rebelles d'Alep, les élèves habitués à raser les murs pour éviter les bombardements marchaient dimanche au milieu de la chaussée, selon des correspondants de l'AFP.

Des avions ont toutefois bombardé à l'aube des localités des provinces d'Alep (nord) et Hama (centre) selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui n'était pas en mesure d'indiquer si les villages visés étaient inclus ou non dans l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur samedi.

Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a précisé que les raids avaient fait un mort dans la province d'Alep. Selon lui, un seul des villages visés, Kafar Hamra, est contrôlé par les jihadistes du Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda. Les autres sont aux mains de rebelles mais les jihadistes se trouvent juste dans les environs.

L'accord de trêve concerne seulement les zones de combat entre les forces du régime, appuyées par l'aviation de l'allié russe, et les rebelles syriens et exclut les groupes jihadistes Etat islamique et Al-Nosra, qui contrôlent plus de 50% du territoire syrien.

L'OSDH n'était pas en mesure d'indiquer si les avions ayant effectué les raids étaient russes ou syriens mais le directeur de l'agence de presse pro-rebelle Sahba a affirmé à l'AFP qu'il s'agissait d'appareils russes.

- 'Calme exceptionnel' -

"Il s'agit d'une violation flagrante de l'accord de cessez-le feu car par exemple à Darat Azza, les avions ont visé une boulangerie. Croient-ils que les combattants d'Al-Nosra vont y chercher leur pain le matin ? Nous n'avons jamais pensé que l'aviation russe allait cesser ses raids", a affirmé Maamoun al-Khatib.

Ni les États-Unis, ni la Russie, ni le régime, ni l'opposition n'avaient encore réagi à ces raids. L'armée russe avait annoncé samedi la suspension, pour la journée, de toutes les sorties aériennes au-dessus de la Syrie afin de soutenir l'accord de cessez-le-feu et d'éviter toute erreur de bombardement.

La prudence était aussi de mise du côté du régime. "Les villes ont connu un calme exceptionnel mais il faut attendre deux ou trois jours pour s'assurer de la pérennité de l'arrêt des hostilités et de l'engagement des parties concernées", écrit dimanche Al-Watan, journal proche du pouvoir à Damas.

"En tout cas, les Syriens ignorent les régions inclues dans l'arrêt des hostilités car les cartes sont jusqu'à présent tenues secrètes", ajoute le quotidien.

Dans la ville septentrionale d'Alep, un correspondant de l'AFP a rapporté que la nuit avait été calme, sans combats ni raids.

- 'Heureux mais triste' -

"Il y a quelque chose d'étrange dans ce silence. Nous avions l'habitude de nous endormir et de nous réveiller avec le bruit des raids et de l'artillerie", a affirmé Abou Omar, 45 ans, qui gère une boulangerie dans le secteur est d'Alep, tenu par les rebelles.

"Je suis heureux mais triste pour les régions qui ne sont pas concernées par la trêve et dont les habitants continuent à souffrir", a-t-il dit.

Une journaliste de l'AFP qui s'est rendue aux abords de la capitale a constaté que le calme était total alors qu'à Damas même, les rues étaient très animées.

Mahdi al-Ani, 25 ans, qui habite à Doummar, dans le nord-ouest de la capitale, veut croire de toutes ses forces à la trêve. "Dans mon quartier, on a l'habitude d'entendre le bruit des obus. Hier (samedi), j'ai entendu deux déflagrations mais je suis dit: 'non j'ai rien entendu , la trêve va continuer inchallah'", explique cet étudiant.

Abou Jamal, qui possède un magasin de légumes à Mazzé, dans l'ouest de Damas, voudrait maintenant aussi "une trêve dans les embouteillages qui paralysent la ville, une trêve dans les coupures d'électricité et surtout une trêve dans les prix qui ne cessent d'augmenter".

Quelques heures après l'entrée en vigueur de la cessation des hostilités, le groupe de travail sur le cessez-le-feu en Syrie, piloté par les Russes et les Américains, avait dressé un "bilan positif" de la situation, selon une source occidentale.

Dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est félicité du cessez-le-feu, tout en exigeant la fin de "l'agression" de l'Iran contre Israël à partir de la Syrie, où Téhéran soutient le régime de Bachar al-Assad.

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