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28/02/2016 17:36 EST | Actualisé 28/02/2017 00:12 EST

Pakistan: pendaison de l'assassin d'un détracteur de la loi sur le blasphème

L'assassin d'un homme politique pakistanais favorable à une révision de la loi controversée sur le blasphème a été pendu lundi matin dans une prison de Rawalpindi, près d'Islamabad, ont annoncé les autorités pakistanaises.

Mumtaz Qadri avait abattu en 2011 Salman Taseer, gouverneur de la province du Pendjab, la plus peuplée du pays, parce que ce dernier avait apporté son soutien à Asia Bibi, une chrétienne accusée de blasphème, et s'était déclaré favorable à une révision de la loi sur ce sujet, défendue bec et ongles par les cercles islamistes au pays.

Policier affecté à la protection de M. Taseer, Qadri avait avoué l'avoir criblé de 28 balles dans le centre d'Islamabad, geste pour lequel il a été qualifié de "héros" par des islamistes et des avocats, qui l'avaient même couvert de pétales de roses à sa première arrivée au tribunal.

"Je confirme que Qadri a été pendu dans la prison Adialia lundi matin", a déclaré à l'AFP Sajjid Gondal, haut responsable de la police locale.

Des dizaines de membres des forces de sécurité en tenue anti-émeutes et des ambulances étaient positionnés à proximité du domicile de Qadri à Rawalpindi, a observé un journaliste de l'AFP sur place.

L'assassinat de Salman Taseer, qui avait pétrifié une classe politique locale déjà très frileuse sur toute controverse impliquant l'islam, religion d'Etat au Pakistan, avait valu à Mumtaz Qadri d'être condamné à la peine capitale pour meurtre et terrorisme.

Mais en mars 2015, un tribunal avait annulé sa peine pour terrorisme et ainsi reporté sine die son exécution, les autorités limitant à cette époque les exécutions aux seuls condamnés pour terrorisme. Et l'affaire avait aussitôt été portée devant le plus haut tribunal au pays.

En octobre, la Cour suprême a toutefois confirmé le verdict de culpabilité et la peine décidée en première instance.

Au Pakistan, la loi sur le blasphème prévoit jusqu'à la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d'offense à l'islam, ce qui n'était pas le cas du gouverneur Salman Taseer. Aussi, des extrémistes et des foules ont déjà lynché des personnes soupçonnées d'insultes à l'islam sans attendre le verdict de la justice.

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