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28/02/2016 02:44 EST | Actualisé 28/02/2017 00:12 EST

L'ex-patron du Bayern sort de prison avec son club toujours dans la peau

L'ancien président du Bayern Munich Uli Hoeness, condamné pour fraude fiscale, doit sortir de prison lundi grâce à une libération conditionnelle et certains lui prédisent déjà un retour à la direction du club.

Lorsqu'il retrouvera la liberté, Uli Hoeness (64 ans), connu de toute l'Allemagne, aura purgé la moitié (21 mois) de la peine de trois ans et demi de prison ferme prononcée en mars 2014.

Figure incontournable du ballon rond allemand à la fois en tant que joueur et en tant que dirigeant de club, il avait été reconnu coupable d'avoir omis de déclarer au fisc allemand quelque 28,5 millions d'euros de revenus boursiers en Suisse, et incarcéré à la prison de Landsberg, en Bavière.

Son procès, très médiatisé, avait marqué la chute de ce fils de charcutier qui a fait du Bayern Munich l'un des clubs les plus prestigieux en Europe, envié pour ses performances sportives mais aussi pour sa gestion rigoureuse de ses finances.

Son aura était telle que la chancelière Angela Merkel n'hésitait pas à le recevoir à dîner.

- 'Ce n'est pas fini' -

Mais la révélation de cette affaire en 2013 avait provoqué sa chute et constitué l'un des plus gros scandales de l'histoire du sport allemand.

"Ce n'est pas fini!", avait clamé l'étoile déchue en mai 2014 juste avant d'entamer sa peine. Il a depuis assuré qu'il s'exprimerait sur son avenir professionnel le 1er juillet.

Cela coïncidera avec l'arrivée du nouvel entraîneur du Bayern, l'Italien Carlo Ancelotti, qui doit prendre la succession de l'Espagnol Pep Guardiola, recruté par Manchester City.

D'ici là, Uli Hoeness, qui n'a cessé de répéter que le Bayern Munich était l'oeuvre de sa vie, a assuré "vouloir n'être à nouveau qu'un supporteur".

Sa première sortie publique devrait se tenir le 13 mars à Mönchengladbach, lorsqu'il participera à une cérémonie en l'honneur de l'ancien entraîneur Jupp Heynckes, qui avait permis aux Bavarois de décrocher le triplé (Championnat, Coupe d'Allemagne et Ligue des champions) en 2013.

Trois jours plus tard, il assistera dans les tribunes du stade de Munich au 16e de finale retour de la Ligue des champions où ses "poulains" affronteront la Juventus (2-2 au match aller).

En annonçant sa sortie de prison le 18 janvier, la justice allemande avait expliqué que M. Hoeness aurait pendant "une période de trois ans" obligation de mentionner auprès du service de l'exécution des peines "tout changement de domicile" et ne devrait se rendre coupable d'aucun délit.

L'ex-président du club de football le plus titré d'Allemagne (25 victoires en championnat, 17 Coupe d'Allemagne, 5 Ligue des champions) avait déposé début novembre une demande de sortie de prison anticipée pour bonne conduite, comme le droit allemand lui en donnait la possibilité.

Il bénéficiait déjà depuis début 2015 d'un régime de semi-liberté qui lui permet de ne plus passer que ses nuits en prison. Il peut sortir en journée et s'occupe actuellement des équipes de jeunes du Bayern.

Il n'a d'ailleurs pas manqué un seul jour de travail depuis sa prise de fonction et versé l'intégralité de son salaire durant cette période de 14 mois à une organisation caritative.

- '25 kilos' -

Personnage haut en couleurs aux colères légendaires, Hoeness avait démissionné de ses fonctions au sein du Bayern après sa condamnation, et avait été remplacé par Karl Hopfner.

Physiquement, Uli Hoeness n'est plus que l'ombre du personnage bouillonnant et tout en rondeur qu'il fut. Il a perdu 25 kilos et mené un entrainement sportif quotidien. "J'ai été choqué parce qu'Uli n'avait pas l'air d'aller bien", a raconté son frère, un ancien sportif, Dieter Hoeness, lors d'une visite au parloir.

Estimé à 3,5 millions d'euros au terme de l'enquête, le montant de sa fraude fiscale avait atteint 27,2 millions d'euros au fil des témoignages accablants durant son procès, avant d'être finalement porté à 28,5 millions d'euros dans l'énoncé du jugement.

Unique survivant d'un accident d'un avion de tourisme en 1982, il avait affirmé il y a quelques années qu'il ne laisserait jamais tomber le Bayern: "Même si je dois m'occuper de la pelouse du stade."

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