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28/02/2016 01:19 EST | Actualisé 28/02/2017 00:12 EST

Irlande: 2/3 des députés connus, des semaines de négociations avant un nouveau gouvernement

Les Irlandais connaissaient dimanche matin deux tiers de leurs députés mais attendaient les résultats définitifs des législatives qui laissent présager des semaines de négociations pour former un gouvernement puisqu'aucune majorité claire ne se dégage.

Après avoir reconnu samedi soir ne pas avoir réussi à reconduire le gouvernement de coalition sortant, le Premier ministre Enda Kenny s'est engagé dans la nuit à tenter de former un gouvernement.

"J'aime à penser qu'il sera possible de former un gouvernement capable d'affronter les nombreux défis qui s'offrent à nous", a déclaré le leader du parti de centre droit Fine Gael à la radio-télévision publique RTE.

La formation d'une "coalition arc-en-ciel" avec le Labour, des personnalités indépendantes et des petits partis pourrait ainsi être tentée dans un premier temps.

Peu avant 10H00 GMT, 95 des 158 députés étaient connus 24 heures après le début du dépouillement qui a été suspendu pendant la nuit. Certains recomptes ont d'ores et déjà été renvoyés à lundi.

Les résultats des derniers sièges seront déterminants pour établir l'écart qui séparera le Fine Gael du Fianna Fail dans ces législatives.

Les deux frères ennemis du centre droit se partageaient pour l'heure 28 sièges chacun tandis que le Sinn Fein en détenait 14 et que 11 revenaient à des candidats indépendants.

Le Labour, allié du Fine Gael dans le gouvernement de coalition sortant, est lourdement sanctionné, pour ne pas avoir préservé l'Etat-providence. Il ne comptait que quatre sièges dimanche matin.

Dans la presse dominicale, le Sunday Business Post a titré: "Kenny dans la ligne de mire alors que les électeurs ont déclenché un tremblement de terre".

Le Sunday Times a jugé que le "Fine Gael (avait été) maltraité par les électeurs". "Les couteaux sont sortis pour Kenny", a titré le Irish Mail alors que le Irish Sun on Sunday se contente d'un mot: "Rebellion".

Dès samedi, le bookmaker Paddy Power a lancé des paris sur l'éventualité de la démission du Premier ministre. Une hypothèse écartée par Kenny qui dit avoir "la responsabilité" de garantir un "gouvernement stable".

Selon les sondages à la sortie des bureaux de vote, le Fine Gael arrive tout de même en tête de ces élections avec entre 25 et 26% des suffrages.

Son allié travailliste est crédité de 7% des suffrages, soit un plongeon de plus de 11 points par rapport aux précédentes élections de 2011.

- Coalition des frères ennemis ? -

Le Fianna Fail arriverait en deuxième position avec 22 à 23% des votes devant le parti de gauche nationaliste Sinn Fein crédité de 14,9% ou 16% des votes.

Celui-ci a savouré samedi sa place de probable principal parti d'opposition. "Nous sommes dans une nouvelle ère, nous avons vu un changement sismique", a déclaré son leader Gerry Adams, avant de critiquer d'emblée toute union éventuelle entre les deux partis de centre droit.

Les candidats indépendants, les petits partis (Verts, sociaux-démocrates...) et des mouvements opposés à l'austérité verraient, eux, leur popularité en nette hausse, avec plus de dix points de mieux par rapport à 2011.

Parmi les différents scénarios possibles pour la formation du futur gouvernement, celui d'une coalition historique entre les frères ennemis qui gouvernent alternativement l'Irlande depuis 1932, semble avoir les faveurs des analystes, même si la tenue de nouvelles élections à brève échéance est également évoquée.

Pour Adrian Kavanagh, de l'Université de Maynooth, l'écart attendu entre les deux partis de centre droit, qui se succèdent au pouvoir depuis 1932, "est beaucoup moins grand que prévu", ce qui les met "sur un pied d'égalité".

"A moins que le Fine Gael et le Fianna Fail se mettent ensemble et tombent d'accord très vite, il y a peu de chances qu'il y ait un gouvernement élu le 10 mars", date où le Dail (parlement) doit se réunir pour la première fois.

Une hypothèse qui rappelle la situation en Espagne où les socialistes n'arrivent pas à former un gouvernement, plus de dix semaines après les élections.

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